Les salopes ou le sucre naturel de la peau - une

Les salopes ou le sucre naturel de la peau – Sexe et amour

« J’ai marié une salope! »

Les salopes ou le sucre naturel de la peau  - AfficheMarie-Claire (Brigitte Poupart), chercheure en dermatologie, entreprend un nouveau projet de recherche scientifique sur les cellules dermiques et la sexualité quand un enchaînement d’évènements vient perturber sa vie professionnelle, familiale et surtout intime.

Avec Les salopes ou le sucre naturel de la peau, présenté en première mondiale TIFF, Renée Beaulieu propose un cinéma différent en faisant d’une femme et sa sexualité le sujet et non l’objet… En mettant en scène une sexualité féminine assumée, complexe et subversive…

Le sexe au cinéma québécois

Les salopes ou le sucre naturel de la peau - sexe au cinéma québécois
Marie-Claire et Émile

Comme l’explique avec justesse la réalisatrice, « les mères au cinéma, au Québec en tout cas, ne baisent pas beaucoup à l’écran! Et bien sûr, sinon surtout, leurs flamboyants atouts sont au service du désir et du plaisir masculin. » Et avec son film, elle montre avec efficacité que les femmes sont beaucoup plus que ça.

Ici, rien n’est caché. On voit les corps, beaux, normaux, naturels… Et on montre la réalité. On sort du lit en missionnaire et on montre la vraie sexualité dans ce qu’elle est vraiment. Effectivement, le sexe comme on le voit peu au cinéma. Et tout ça, sans que ce soit choquant ou dérangeant.

Une femme assumée

Les salopes ou le sucre naturel de la peau - femme assumée
Marie-Claire

Le personnage de Marie-Claire en est un d’une femme assumée et forte, comme on nous en présente trop peu : une mère, une femme mature, intellectuelle, érudite, indépendante financièrement et intellectuellement, attirante qui a des désirs sexuels et qui prend plaisir à la sexualité pour son propre bénéfice, pas seulement pour celui de ses partenaires. Une femme moderne et vraie…

Encore aujourd’hui, et je me demande pourquoi, le sexe lié à l’amour est socialement le seul qui soit légitimé. Particulièrement pour les femmes. D’ailleurs, si le personnage principal avait été un homme on aurait plutôt eu un titre du genre « Le trou d’cul » ou « Le séducteur ». Mais puisqu’il s’agit d’une femme, ces deux termes – un positif et un négatif – ne pouvaient s’appliquer. Oui, notre société utilise encore un double standard.

Et c’est là la force de Les salopes ou le sucre naturel de la peau. On y voit des femmes, et des hommes, qui s’assument dans leur sexualité. Oui, c’est un jeu qui se joue à deux (ou plus, c’est selon). 😉

Et la famille…

Les salopes ou le sucre naturel de la peau - la famille
Marie-Claire et Katou, sa fille

Renée Beaulieu va encore un peu plus loin avec son film. Elle intègre la famille à l’univers de cette femme. Car une femme ayant une sexualité riche et assumée n’est pas obligatoirement jeune, célibataire et paumée. Ici, elle a un mari, deux enfants et une carrière à l’université.

Une superbe phrase est d’ailleurs prononcée par Marie-Claire lors d’une conversation avec son mari. Et je crois que cette phrase résume bien la réalité actuelle et celle du film : « L’équilibre ou l’avenir de nos enfants passe pas par ce que je fais ou je fais pas avec mon corps. »

En effet. Ce qui se passe dans le lit (ou sur un bureau de travail) n’a rien à voir avec la qualité de l’éducation qu’on donne à un enfant. Ni avec la valeur intellectuelle d’une personne.

Mais encore…

Les salopes - Mais encore
Marie-Claire et Adam, son mari

Les salopes ou le sucre naturel de la peau nous montre la sexualité d’une femme, par les yeux et la caméra d’une femme. Ce film ne serait certainement pas le même s’il avait été filmé par un homme. La réalisatrice expliquait d’ailleurs : « Mais moi je suis une femme cinéaste et j’avais le goût de filmer la sexualité des femmes à travers leur regard et donc, forcément, de montrer les hommes; ils sont beaux aussi, dans leur force et leur vulnérabilité, sans leurs six packs sur le ventre et leurs muscles tout roulés, tout droit sortis du gym. » Oui, on voit autant d’hommes nus que de femmes nues dans ce film. Peut-être même plus. Et vous savez quoi? Il était temps. Si l’on peut montrer des femmes entièrement nues à l’écran, pourquoi n’est-ce pas pareil avec les hommes?

C’est rafraîchissant aussi de voir un film qui parle de sexualité féminine sans que ce soit pour une raison négative ou d’émancipation. Ici, la sexualité de la femme est un fait. Point! Et, du coup, je vous suggère fortement de voir Les salopes ou le sucre naturel de la peau.

Note : 8/10

3 pensées sur “Les salopes ou le sucre naturel de la peau – Sexe et amour”

  1. Un film audacieux qui montre de la chair et qui va droit au but. Par contre qui laisse un drôle de goût à la fin. Comme un malaise que l’on a peine à identifier.

  2. Un film qui prend un air scientifique au début mais qui abandonne cette voie pour devenir une dramatique de couple, on dirait…
    Aurai-elle voulu seulement donner un alibi pour justifier les scènes assez audacieuses de cinéma?

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