Asleep - une

Asleep – Insatisfaction

« Can you do it remotely? »
[« Pouvez-vous le faire à distance? »]

Asleep - afficheDans l’avenir, les choses que nous possédons acquièrent de plus en plus une nature humaine, selon leur conception, pour notre propre confort. Pendant ce temps, les propriétaires deviennent plus mécaniques les uns avec les autres et avec les choses qu’ils possèdent. Cela vient naturellement d’une pensée collective : que tout peut être remplacé, il n’y a plus de moments éphémères, tout est enregistré, stocké et peut être rappelé en un clin d’œil. L’idée de romance a lentement disparu dans la mémoire d’une génération plus âgée. C’est là que nous trouvons Nicole, au téléphone, dans son appartement, essayant de comprendre sa relation actuelle et pourquoi celle-ci ne fonctionne pas.

Avec la technologie vient le désir de rapidité. Nos ordinateurs et nos téléphones sont de plus en plus rapides, mais ne nous semblent jamais assez rapides. Avec la technologie vient aussi la « machine intelligente ». Avec Asleep, sélectionné à Cannes en 2018 dans le Short film corner et au Petit Cannes Film Festival, Oleg J. imagine la relation de couple dans un futur pas si lointain…

Dur dur les relations de couple

Asleep - dur les relations de couplePas facile les relations de couple. Mais, surtout, pas facile de trouver la bonne personne. On le voit avec la multiplication de sites web et d’applications mobiles qui permettent de rencontrer l’âme sœur. Ou parfois de rencontrer une catastrophe…

Le taux de succès de ces sites n’est d’ailleurs pas particulièrement élevé. Avec Asleep, on va un peu plus loin. Le réalisateur imagine l’étape suivante. Dans un avenir pas si lointain, alors que les sites de rencontre ont probablement échoué à créer des couples, Nicole décidera de se trouver une intelligence artificielle qui lui fera office de compagnon. Non, non, elle n’est pas folle. C’est maintenant pratique courante.

Mais ces machines qui s’adaptent sont-elles suffisantes pour nos multiples demandes?

Toujours plus vite

Asleep - Toujours plus viteMark (la machine en question) s’adapte tranquillement aux comportements et aux demandes de sa partenaire. Mais quand on en est rendu à s’acheter un amoureux, a-t-on encore la patience de lui laisser le temps de s’adapter?

C’est un peu le problème que rencontre Nicole. Dans un monde qui va toujours plus vite, elle n’aime pas beaucoup l’idée d’attendre. D’ailleurs, elle n’apprécie pas vraiment que la « machine » ne puisse pas simplement être mise à jour à distance. Oui, attendre, toujours attendre.

Pas moyen d’avoir une relation amoureuse facile. Même avec une AI…

Mais encore…

Asleep - mais encoreJe n’aime pas beaucoup les films qui se déroulent dans le futur et où l’on imagine ce que la science ou la technologie pourrait donner. Pourtant, Asleep m’a plu. J’avoue avoir dû le regarder une deuxième fois pour réellement l’apprécier à sa juste valeur.

Mais le futur dans lequel on est projeté est, somme toute, tout à fait vraisemblable. On peut imaginer Asleep comme étant le film qui s’inscrit dans la logique technologique du long métrage Her, de Spike Jonze. Oleg J. va un peu plus loin en insérant cette AI dans un corps humain. Et en tant que spécialiste en technologie numérique et amateur des technologies d’intelligence artificielle, ce court film ressemble étrangement à un futur proche. Je serais curieux de revoir ce film dans 10 ans…

Note : 8/10

Il existe deux versions de ce film, qui a été tourné en anglais et en français. Il n’a donc pas été doublé, ce qui est rare…

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