Getting Naked - A burlesque story

Getting Naked – A Burlesque Story – Belles

« When I do burlesque I can be sexy, I can be stupid, I can be gorgeous, or ugly, or funny. I can do anything I want when I get out on stage, and that’s pretty magical. »
[« Quand je fais du burlesque je peux être sexy, je peux être stupide, je peux être magnifique, ou moche, ou drôle. Je peux faire tout ce que je veux quand je sors sur scène, et c’est assez magique. »]

Getting naked - afficheLevant le rideau sur la sous-culture sexy de la nouvelle scène burlesque de New York, ce documentaire-vérité suit quatre artistes burlesques (dont Darlinda Just Darlinda, Gal Friday et Hazel Honeysuckle) dans la vie et sur la scène. Comédie paillarde aux multiples effeuillages, le film révèle combien tout ce qui brille n’est pas or — même au sein d’une communauté anticonformiste quoique aucunement à l’abri des dures réalités de la ville : sexisme, maladies, crises existentielles, etc.

Dans son premier documentaire, James Lester explore ici l’histoire du burlesque et le quotidien d’artistes marginaux dans la métropole la plus hard de la planète. Voici Getting Naked: A Burlesque Story!

Anticonformisme

Getting Naked - A burlesque story - Anticonformisme
Les Schlep Sisters

Le burlesque, c’est le strip-tease des non-conformistes… On pourrait aussi dire l’effeuillage de la diversité. Si le « strip-tease » que l’on voit dans les bars ne présente que peu de modèles de corps, ce n’est certainement pas le cas du burlesque.

Il y a des femmes minces, des femmes voluptueuses, des femmes rondes, des femmes de taille moyenne. Il y a même des hommes. Et l’important n’est pas à quel point tu peux montrer ton cul, mais plutôt comment tu peux exciter avec créativité. Je pense entre autres à cette femme que l’on voit dans le documentaire. Une femme de 200 livres qui se livre sur scène chaque semaine et qui, malgré un corps qui ne représente pas du tout la norme, réussit à être belle, excitante. Elle explique que parfois les hommes ou les femmes sortent perturbés de ses performances parce qu’ils n’auraient jamais pensé être excités par un corps de ce genre.

Ici, il y a effectivement l’art de se dévêtir. Mais lorsqu’on regarde les costumes et les numéros que ces artistes présentent, on ne peut qu’avoir du respect pour la majorité d’entre eux/elles. Au final, la nudité n’est qu’un accessoire. Celui d’une prise de position : la beauté n’a pas qu’un visage.

Tout ce qui brille n’est pas or

Getting Naked: A Burlesque Story montre les lumières vives et le style distinct de cet art de la performance centenaire, tout en montrant la vie de famille des danseuses et les difficultés avec les relations en dehors du travail.

Getting Naked - A burlesque story - Tout ce qui brille
Hazel Honeysuckle

On comprend assez rapidement que les paillettes et les brillants ne se transposent pas hors dela scène pour toutes. Certaines, comme Hazel Honeysuckle, en vivent plutôt bien, alors que d’autres, comme Minnie Tonka, doivent se trouver un autre emploi pour payer leur loyer.

Mais ce qui ressort principalement de ce film, c’est à quel point ces femmes racontent toutes la même chose : timides, mal dans leur peau, malheureuses, jusqu’au jour où elles ont découvert le burlesque et le sentiment que cela leur apporte. Darlinda Just Darlinda explique, entre autres, comment le burlesque l’a renforcée au cours de sa carrière de 11 ans.

“For me, the empowerment of burlesque comes from audience inspiration. They come to see a show and end up feeling empowered about their sexuality, their bodies and they have been entertained.” [« Pour moi, la force fournie par le burlesque vient de l’inspiration que fournit le public. Ils viennent voir un spectacle et finissent par se sentir renforcés dans leur sexualité, leur corps. Et ils se sont amusés. »]

Mais encore…

Ce que je n’avais pas réalisé avant de voir ce film c’est à quel point les femmes gagneraient à assister à ce genre de spectacle. Pourquoi? Parce que la grande force du burlesque est de montrer que, pour être belle et excitante, une femme n’a pas à entrer dans le moule photoshopé des magazines.

Getting Naked - A burlesque story - mais encore
Gal Friday

Le réalisateur expliquait, d’ailleurs : “Each performer I followed had a different background. But they all arrived to the same place: burlesque. There was a specific moment they realized they were living lives of constraint. Whether it was a dead-end job, or a life of loneliness, or a near-death experience, each woman decided for herself, enough is enough, it’s time I live a life of liberation and fulfillment. For them, that new life was burlesque.” [« Chaque artiste que j’ai suivi avait un background différent. Mais ils sont tous arrivés au même endroit : le burlesque. Il y a eu un moment précis où elles ont réalisé qu’elles vivaient des vies de contrainte. Que ce soit un travail sans avenir, ou une vie de solitude, ou une expérience de mort imminente, chaque femme a décidé pour elle-même, assez c’est assez, il est temps que je mène une vie de libération et d’épanouissement. Pour elles, cette nouvelle vie était le burlesque. »]

Après 4 années à documenter ces danseurs, à la fois sur scène et dans leurs relations les plus intimes, le réalisateur a dû lancer une campagne sur Kickstarter afin de financer la postproduction. J’imagine que peu de producteurs voulaient investir dans un film aussi risqué. Et si vous voulez mon avis, c’était une erreur de leur part.

Getting Naked: A Burlesque Story suit quatre danseuses burlesques professionnelles (Gal Friday, Darlinda Just Darlinda, Hazel Honeysuckle et Minnie Tonka) au cours de quatre années de vie et de travail à New York. Un film qui montre les bons comme les mauvais côtés d’une carrière dans l’ombre des réflecteurs…

Note : 8/10

Getting Naked: A Burlesque Story est présenté au Venice Days Festival les 3 et 4 mai 2018.

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