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Manic – Abus

« Qui est George Dubie? »

Manic - AfficheManic est le récit du combat permanent que mène la réalisatrice Kalina Bertin pour donner un sens à la maladie mentale qui tourmente la vie de son frère et de sa sœur.

Convaincue que son père tient la pièce manquante d’un puzzle familial, elle enquête sur cet homme insaisissable, connu sous de multiples identités : gourou de secte, escroc professionnel, élu de Dieu et père de quinze enfants.

Manic est-il un film de famille? Un cri du cœur? Ou un documentaire? Voici mon questionnement quelques heures après le visionnement de ce film.

Le père

Manic - father
George Dubie

« L’année de mes 5 ans, ma mère a fui les Caraïbes, accompagnée de mes trois frères et sœur et moi, afin de commencer une nouvelle vie à Montréal. Depuis, mon père est resté un personnage mystérieux que j’ai toujours souhaité connaître davantage. »

Voilà qui est dit. La réalisatrice part donc à la recherche de son père afin de se débarrasser de ses propres démons. Évidemment, avec la vie que menait George Dubie, c’était inévitable qu’il laisse de grandes séquelles à ses familles. C’est d’ailleurs son mode de vie douteux qui a mené à sa mort. Le côté intéressant de Manic vient du fait que pour une rare fois, on peut réellement voir l’empreinte laissée par un gourou/escroc sur les membres de sa famille.

Le frère et la sœur

Manic - François et Félicia
François et Félicia

Ici, nous suivons, parallèlement, le quotidien de François et Félicia, frère et sœur de la cinéaste, qui traversent des épisodes maniaques. L’histoire du père résonne dans les difficultés que vivent ces deux êtres.

À mesure qu’on avance dans le film et qu’on regarde les séquences qui montrent la grande vulnérabilité du frère et de la sœur, je ne peux réprimer ce sentiment de voyeurisme. J’ai l’impression que je ne devrais pas être là. Est-ce que François et Félicia ont accepté de participer à ce projet en toute conscience? Quoi qu’il en soit, ça me dérange.

Regarder un jeune homme en crise se faire arrêter par la police, alors qu’on filme du 2e étage, caché, je ne sais pas. On ne filme pas, ici, des séquences de guerre. On montre des êtres vulnérables, qui ne sont peut-être pas en position de bien juger des raisons de ce film.

Mon malaise tient aussi du fait qu’on n’a pas affaire à un documentaire sur les manies ou sur la psychose. Non, on a un film sur une famille. La famille de la réalisatrice. Cette famille au passé plus qu’étonnant et inhabituel.

Mais encore…

Manic - françois - piano
François

Je me questionne aussi sur la valeur d’un tel document. Lorsque la réalisatrice explique : « Filmer était mon moyen de faire face à ce qui se passait à la maison, en plus d’être une porte d’entrée dans le monde de mon frère et de ma sœur que j’aime, et que je tente désespérément de comprendre. », je me demande si ce film peut se définir en tant que documentaire…

Manic - felicia - cry
Félicia

Peut-être que c’est justement là que réside la valeur de Manic. J’essaie de m’imaginer le même film réalisé sur la vie de la famille d’une vedette. Est-ce que j’y verrais de l’intérêt? Je n’ai pas réellement de réponse. Mais si la réponse est oui, alors Manic mérite sa place. Mais si c’est non, alors il ne la mérite pas plus.

Quoi qu’il en soit, Manic invite le spectateur à vivre un voyage intime à travers le temps et l’esprit, où le passé et le présent s’entrechoquent.

Note : 6.5/10

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