Paulusie et Nikuusi, dans Chez les géants

Chez les géants – Le loup

Affiche de Chez les géantsChez les géants plonge dans l’imaginaire de Paulusie, un jeune Inuit confronté aux difficultés et aux responsabilités de l’âge adulte. Ses pensées, ses rêves et ses croyances offrent une incursion privilégiée dans son intimité, où cohabitent légendes fantastiques et dures réalités. Le film suit Paulusie alors qu’il tente de trouver l’espoir dans un monde cru d’une complexité grandissante. Paulusie est un fils attentionné pour son père malade et un bon petit ami pour sa copine Nikuusi. Mais l’histoire de l’adolescent naïf et charismatique se transforme rapidement en combat d’un jeune homme aux prises avec la culpabilité d’avoir commis une grave erreur.

Le documentaire Chez les géants de Sébastien Rist et Aude Leroux-Lévesque a remporté les prix Meilleurs cinéastes canadiens émergents à Hot Docs (2016) et Meilleur documentaire canadien au VIFF (2016). Le titre du film est lié au nom du village de la communauté inuite : Inukjuak qui, en inuktitut, signifie « géants ».

« Nous avions rencontré Paulusie durant la production de notre documentaire Vue d’en Haut. Il se démarquait des autres douze jeunes autochtones que nous avions filmés durant notre expédition au Pérou. À la fin du tournage, il nous a dit, en plaisantant : “Vous devriez monter au Nord, à Inukjuak, un jour, pour faire un film sur ma vie!” », confiaient les réalisateurs. En 2013, ils ont décidé d’aller explorer cette région de l’Arctique, par l’entremise de Paulusie et sa famille.

Réagir à l’imprévu

Paulusie à la chasse, dans Chez les géants
Paulusie

Paulusie chasse et pêche. C’est pour lui une passion et cela permet de nourrir sa famille. Il aide ses parents adoptifs de son mieux. Les réalisateurs l’ont ainsi accompagné pendant ses chasses où l’on découvre d’incroyables paysages. Ils voulaient filmer « le beau, le poétique, le magique », et ils y sont parvenus avec ces plans.

Pendant le tournage, un événement est venu changer le scénario initial. Paulusie a commis un acte criminel et il a dû séjourner en prison. Sa vision du monde en a été changée. Les réalisateurs suivaient déjà Paulusie et le choix de continuer leur film sur sa vie malgré ses erreurs et les conséquences nous met face à une autre réalité. Il m’apparaissait important de le spécifier parce que, pour moi, le film aurait été moins intéressant s’il avait été entrepris à cause de cet acte, bien que je sois consciente qu’il est possible d’éprouver du regret face à certains gestes – et c’est même souhaitable.

Incursion dans une communauté inuite

Plusieurs communautés inuites sont isolées et méconnues. Ce film nous permet de rencontrer des jeunes et des aînés, de voir un pan de leur réalité. Où et comment vivent-ils? Les conditions de vie sont assez dures.

Paulusie entre dans l’âge adulte. Quelles sont ses perspectives d’avenir? Son rêve est de fonder une famille, d’être là pour ses enfants. Et il est bon chasseur.

Dans le film, on le voit accomplir certains rites initiatiques typiques de la fin de l’adolescence. Il accompagne ainsi sa copine Nikuusi à sa graduation. Peu après, ses rêves et projets seront contrecarrés par son attitude fougueuse. Et dans la vie, on ne peut revenir en arrière si on commet un méfait. Quelles ses options? Comment réussira-t-il à faire face aux conséquences?

Une aventure poétique

On présente un style de vie, propre à cette communauté inuite. Paulusie apprécie tout particulièrement sa solitude pendant les chasses. Il narre certaines scènes montrant une nature grandiose, immense, puissante : de la neige, de la glace, de vastes étendues.

Mère adoptive de Paulusie sur un VTT, dans Chez les géants
La mère de Paulusie

On nous raconte aussi quelques légendes. On aurait ainsi dit un jour à la mère de Paulusie que des renards avaient été vus tombant du ciel. Pour elle, les bêtes que chassait Paulusie seraient ainsi toujours là, un rapport à la faune assez différent de la réalité.

Les plans présentant un jeune homme à la tête de loup contribuent également à la poésie du film. La solitude et la dangerosité de l’homme sont ainsi mises de l’avant. Et l’un des derniers plans, celui d’un grand feu, de par la narration qui l’accompagne, est empreint d’une belle sensibilité.

Chez les géants, c’est à la fois l’histoire de Paulusie, celle d’une communauté, et la puissance et la beauté de la nature. Beaucoup d’émotions traversent le film entier.

Note : 7/10

Nuit en camping sur une île, dans Chez les géants

2 réflexions sur « Chez les géants – Le loup »

  1. Bonjour
    J’ai entendu que le documentaire était projeté à Montréal ce week-end. J’aurais vraiment aimé le voir mais je suis présentement dans la communauté de Salluit jusqu’à la fin décembre. Est-ce possible de le télécharger sur internet?

    Merci
    Nancy

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