Affiche de Le chantier des possiblesSurnommé affectueusement La Pointe, Pointe-Saint-Charles est un quartier populaire du Sud-Ouest de Montréal. Depuis toujours, ses résidents ont le sentiment d’y vivre comme dans un village. Mais depuis quelques années, cet ancien secteur industriel est pris d’assaut par les promoteurs immobiliers et les tours à condos de luxe y poussent comme des champignons. Menacés d’exclusion par un boom immobilier d’une ampleur encore jamais vue, la communauté s’accroche et tient bon pour sauver son quartier et son monde. Le chantier des possibles raconte l’histoire de cette communauté fière et solidaire.

Le chantier des possibles, réalisé par Ève Lamont, n’est pas seulement un documentaire sur un quartier ou un film sur une personne géniale. C’est un film qui raconte les efforts d’une communauté qui tente de sauver son quartier contre les envahisseurs de l’immobilier de luxe.

Le quartier de Pointe-Saint-CharlesDès les premières minutes du film, on y voit les résidents de La Pointe qui se regroupent pour mettre de l’avant une vision de développement urbain, axé sur le logement social et les projets communautaires. On suivra alors deux projets différents, ayant pour thème la communauté et la survie des moins bien nanties. Alors que des militants de la première heure font construire une résidence à but non lucratif pour les aînés du quartier – la Cité des bâtisseurs –, un groupe de résidents unissent leurs efforts pour sauver de la démolition un ancien atelier du CN – Le bâtiment 7. Cet immense édifice patrimonial devient le catalyseur d’un vaste projet collectif regroupant des activités sportives et culturelles, des ateliers de création et de diffusion artistique et des espaces d’agriculture urbaine pour répondre aux besoins de la population.

Pourquoi ces gens ne veulent-ils pas de ces condos? En fait, le problème ce n’est pas les condos en tant que tel, mais ce qu’ils entrainent, c’est-à-dire une énorme hausse du coût des logements. La gentrification est un phénomène qu’on peut observer dans tous les quartiers centraux des grandes villes. Mais la particularité à Pointe-Saint-Charles c’est que le prix des propriétés a bondi de 474 % en 15 ans. Cette condomanie aux abords du Canal Lachine et la conversion de logements locatifs en copropriétés qui déferlent à Pointe-Saint-Charles exercent une pression spéculative qui agit au détriment des populations locales, en premier lieu envers les personnes moins fortunées, locataires et petits propriétaires occupants.

La réalisatrice explique d’ailleurs le processus ainsi : « Au fil des ans, j’ai documenté le réel des “résistants” d’un quartier ouvrier qui ne sera jamais plus le même. Je l’ai regardé avec ma lorgnette de documentariste qui souhaite sortir de l’ombre l’histoire populaire, avec mon regard de réalisatrice et camérawoman. Je me suis sentie attachée et complice de ce village à la fibre gauloise, en porte-à-faux au cynisme ambiant, et qui va de l’avant en n’oubliant pas le proverbe “l’Union fait la force”. Je crois avoir signé un film bien personnel en y mettant mon âme avec celle d’un quartier qui refuse de mourir. »

La cité des bâtisseurs

Située dans le quartier Pointe-Saint-Charles à Montréal, la Cité des Bâtisseurs est un projet d’habitation communautaire qui offre des appartements de qualité aux personnes âgées de 65 ans et plus, autonomes ou en légère perte d’autonomie.

La Cité des Bâtisseurs a été créée pour et par des citoyens engagés qui cherchent à améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs concitoyens. Grâce à leur persévérance, le quartier Pointe-Saint-Charles se dote du premier projet d’habitation communautaire avec services pour les ainés.

Le bâtiment 7

Le bâtiment 7Le collectif 7àNous est un organisme né en 2009 à Pointe-Saint-Charles, qui réunit des citoyens des organismes culturels, communautaires, libertaires ou issus de l’économie sociale. Il a pour mission de développer le projet du bâtiment 7.

Découvrir le film

Le film prendra l’affiche à La cinémathèque québécoise le 18 octobre. Une fois par semaine, il sera diffusé dans sa version anglaise afin d’aller rejoindre l’importante communauté anglophone de Montréal, également touchée par les problèmes liés à la gentrification. La réalisatrice sera présente après certaines projections pour répondre aux questions du public, et sera parfois accompagnée d’un des membres du collectif 7àNous.

Note : 7,5/10

Découvrez également la superbe bande sonore de Le chantier des possibles.

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