Cette année encore, j’ai eu le bonheur de voir quelques excellents films, qui m’ont parfois chamboulée, parfois éblouie. Je réalise que les films que j’ai choisis tournent tous autour du même thème : la solitude. Elle n’est pas abordée de la même manière d’un film à l’autre, mais, qu’elle soit physique ou psychologique, les protagonistes doivent apprendre à composer avec leur solitude ou lutter pour émerger parmi les vivants.

Affiche du film Youth5. Youth (Italie/France/Suisse/Grande-Bretagne, Paolo Sorrentino) : Bien que les personnages se côtoient dans un hôtel de luxe, chacun d’eux vit ou revit dans l’intimité les moments marquants de sa vie, les bons comme les mauvais. Ils sont ainsi seuls face à leur passé et doivent également affronter l’avenir.

Fred (Michael Caine) et Mick (Harvey Keitel), deux vieux amis approchant les 80 ans, sont en vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d’orchestre, est désormais à la retraite. Mick, réalisateur, travaille toujours. Tous deux portent un regard curieux et tendre sur les vies décousues de leurs enfants, sur la jeunesse flamboyante des scénaristes qui travaillent pour Mick, et sur les autres occupants de l’hôtel…

4. Le journal d’un vieil homme (Québec, Bernard Émond) : Bien qu’il soit entouré de sa femme et de sa fille, Nicolas se sent terriblement seul. Et il recherche cette solitude. Seule la présence de sa fille adoptive lui est encore tolérable. On partage alors ses doutes et ses inquiétudes, devenant témoin de ses insomnies et de ses souffrances.

Nicolas (Paul Savoie), médecin et homme de science célèbre, est atteint d’une maladie incurable et sait qu’il va mourir. Vieillissant, insomniaque, mal marié à Barbara (Marie-Thérèse Fortin), une femme plus jeune que lui, père d’une adolescente (Ariane Legault) qu’il ne comprend pas, la seule chose qui le rattache à la vie est l’affection de sa fille adoptive, Katia (Marie-Ève Pelletier). Mais Katia, dans la trentaine, a abandonné le métier de comédienne et se débat dans une profonde mélancolie. Nicolas est impuissant devant son désarroi. Lui qui a consacré toute sa vie à ses travaux scientifiques, il se rend compte qu’il est passé à côté de l’essentiel.

Affiche du documentaire Le Seil de la terre3. Le sel de la terre (France/Brésil/Italie, Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado) : Il est rare qu’un documentaire me chamboule autant. Mais celui-ci est d’une beauté et d’une dureté à couper le souffle. Le photographe Sebastião Salgado parcourt le monde et capture des images incroyables. Témoin des pires horreurs, son âme est blessée. Délaissant la misère et la guerre, il se tournera vers la nature, source de vie.

Depuis quarante ans, le photographe Sebastião Salgado parcourt les continents sur les traces d’une humanité en pleine mutation. Alors qu’il a témoigné des événements majeurs qui ont marqué notre histoire récente : conflits internationaux, famine, exode… Il se lance à présent à la découverte de territoires vierges aux paysages grandioses, à la rencontre d’une faune et d’une flore sauvages dans un gigantesque projet photographique, hommage à la beauté de la planète.

2. Chorus (Québec, François Delisle) : La perte d’un être cher, tout particulièrement celle d’un enfant, peut être une épreuve quasi insurmontable. La souffrance devient telle que l’éloignement, la coupure nette d’avec la vie d’avant, apparaît être la seule solution pour certains. Mais même si l’on reste, la solitude intérieure prend parfois toute la place…

Hugo avait huit ans lorsqu’il a disparu. Après des recherches infructueuses, le couple de parents formé par Christophe (Sébastien Ricard) et Irène (Fanny Mallette) s’est brisé sous le poids de l’attente insoutenable. L’un s’est exilé au Mexique. L’autre a repris sa carrière d’alto au sein d’un chœur de musique ancienne. Vivant des solitudes parallèles et habités par la disparition d’Hugo, un jour, on leur annonce que des restes humains ont été retrouvés. Face à la mort de leur enfant, chacun chemine différemment pendant leurs retrouvailles forcées à Montréal.

1. Sommeil d’hiver (Turquie/France/Allemagne, Nuri Bilge Ceylan) : Isolés dans un paysage spectaculaire, les personnages se confrontent et s’observent. Un examen de conscience s’impose alors. L’un des meilleurs films que j’ai vus.

Affiche de Sommeil d'hiverAydin, comédien à la retraite, tient un petit hôtel en Anatolie centrale avec sa jeune épouse Nihal, dont il s’est éloigné sentimentalement, et sa sœur Necla qui souffre encore de son récent divorce. En hiver, à mesure que la neige recouvre la steppe, l’hôtel devient leur refuge, mais aussi le théâtre de leurs déchirements…

Deux mentions spéciales, tout de même. La première est pour Léviathan (Russie, Andreï Zviaguintsev). Dans ce film, le réalisateur montre la corruption de l’État, mais également la puissance de la nature qui marque la petitesse de l’homme et les troubles qui l’habitent. Et la seconde, pour Autrui (Québec, Micheline Lanctôt) la réalisatrice porte un regard lucide sur l’itinérance et sur la solitude.

Et vous, quels ont été vos coups de cœur en 2015?

Joyeuses Fêtes, et bon cinéma en 2016!

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