Le pays qui dit NON – Constat

Lorsquil accède au pouvoir en 2006, Stephen Harper a tôt fait de mettre la table quant à sa politique étrangère. Celui qui ne cache pas que sa seule préoccupation est léconomie livre à lONU un premier discours belliqueux qui rompt définitivement limage de médiateur-pacificateur depuis longtemps associée au Canada. Presque dix ans plus tard, il ne reste que peu de chose du Canada dont rêvaient les Pearson, Diefenbaker, Chrétien, Mulroney et autres. De ses positions pro-Israël fermes à son retrait du protocole de Kyoto en passant par ses réductions aux programmes daide humanitaire, le gouvernement de Stephen Harper a effectué un virage sans appel sur la scène internationale ce virage en 2010 a privé le Canada dun siège au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Affiche du documentaire Le pays qui dit NONLe pays qui dit NON est un documentaire de lex-journaliste Hélène Pichette. Le film, présenté dès le 9 octobre dans 4 salles au Québec : le cinéma Beaubien à Montréal, le cinéma Cartier à Québec, le cinéma des Galeries à Aylmer et la Maison du cinéma à Sherbrooke, tombe à point. Avec les élections fédérales qui approchent, il importe de sinterroger sur la politique étrangère de notre gouvernement, de même que sur sa politique en matière d’environnement.

Le projet de ce documentaire remonte à une douzaine d’années. Lorsque les Conservateurs ont pris le pouvoir en 2006, le projet s’est transformé et précisé. La réalisatrice a fait appel à plusieurs intervenants, recueillant plus de vingt heures d’entrevues. Diplomates et spécialistes de laide internationale : Louise Arbour, Anne-Marie Bourcier, Michel Duval, Robert Fowler, Loïc Hennekinne, Claude Laverdure, Carolyn McAskie, John Schram et Alena Schram, témoignent ainsi de leur expérience et des changements apportés par le gouvernement Harper. Paul Wells, chroniqueur politique, Stéphane Roussel, professeur titulaire à lÉcole nationale dadministration publique, et Joe Clark, ancien premier ministre du Canada, prennent également part à la discussion.

Les entrevues sont filmées en studio, sur fond noir, très sobrement. Cela permet de mettre l’accent davantage sur les nombreuses images d’archives, de même que sur quelques très beaux plans filmés à Montréal.

Les valeurs canadiennes ont-elles autant changé au cours des dix dernières années? Avec le gouvernement actuel, le bien commun est évacué des discours politiques au projet de discours économiques. Le Canada a longtemps été parmi les pays leader pour le maintien et le rétablissement de la paix, avec ses casques bleus. On misait alors sur le maintien de bonnes relations à l’international. Aujourd’hui, l’aide au développement est davantage au service d’entreprises privées. Il me semble, et c’est aussi ce qui ressort des discours des différents intervenants, qu’il y a ici un problème de priorité. Et je ne parle même pas d’environnement.

« Je souhaite que le film aide le public à mieux comprendre l’impact de ces changements et si je peux réussir à éveiller un tant soit peu les consciences pour que l’on se préoccupe davantage du bien commun, alors mon film aura fait œuvre utile », expliquait Hélène Pichette. Et je crois que son documentaire remplit tout à fait sa mission.

Voulons-nous continuer d’incarner ce Pays qui dit NON?

Note : 8,5/10

 

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