Affiche de Tristesse ClubSi vous aimez les jeux de pistes, les vieilles Porsche, les sœurs qui n’en sont pas, les pères pas vraiment morts, les lacs et leurs secrets : bienvenue au club.

Deux frères aux personnalités diamétralement opposées, Léon (Laurent Lafitte de la Comédie-Française, qu’on a vu récemment dans Papa ou maman) et Bruno (Vincent Macaigne, qu’on a vu cette année dans Eden), apprennent la mort de leur père qu’ils n’ont pas vu depuis des années. Arrivés au crématorium pour les funérailles, ils constatent avec surprise qu’il n’y a personne, à l’exception d’une jeune femme, Chloé (Ludivine Sagnier), qui dit être leur demi-sœur. Ils se rendront ensuite tous les trois à la maison où les frères ont grandi.

Tristesse Club est le premier long métrage de Vincent Mariette. Dans cette comédie noire, tous les personnages sont étranges, décalés, un peu comme dans les films de Wes Anderson que le réalisateur avoue aimer beaucoup. Plusieurs personnages semblent ainsi vouloir mourir ou, du moins, tester les limites en laissant une fenêtre ouverte au cas où quelqu’un voudrait les assassiner ou en faisant l’amour juste parce qu’on a seize ans et que c’est ce que l’on fait à seize ans, non? Une atmosphère un peu dépressive plane alors.

Le film se passe dans une campagne isolée, loin de tout; dans un lieu quelque peu déconnecté de la réalité. Dans ce retour à l’enfance, les personnages tentent d’affronter leurs mauvais souvenirs et prennent aussi le temps de songer aux meilleurs. Cette rétrospective les force à porter un regard critique sur leur propre comportement. Léon prend ainsi conscience qu’il reproduit avec sa femme et son fils ce qu’il a reproché à son père.

Léon, Bruno et Chloé dans Tristesse ClubLe trio est particulièrement intéressant. Chloé est mystérieuse et séduisante. Bruno tombe sous son charme, mais est conscient que c’est sa demi-sœur et que rien ne pourra arriver entre eux. Il a réussi socialement, mais est incapable d’aborder les jeunes femmes. Il incarne le vieux garçon timide. Léon est plus du genre tombeur, mais il a échoué professionnellement ayant dû mettre fin très jeune à sa carrière de tennisman. Gravitant dans des univers très différents, des liens se créeront ou se recréeront entre ces trois personnages.

Le titre du film m’avait d’abord laissée songeuse. Mais il vrai que le film aborde la mort et le deuil, avec légèreté, humour et, par moments, désinvolture. Le réalisateur disait à propos de son titre : « Et puis Tristesse Club me fait penser à un nom de cocktail et, allez savoir pourquoi, ça me plaît bien. » Quant au titre de ce billet, il fait référence à une séquence importante du film dans laquelle Léon défend son frère qui est bousculé par un jeune. C’est dans cette séquence que se reconstruit le lien fraternel. Bruno, racontant l’épisode à Chloé, s’exclame enthousiaste en regardant son frère : « Le panache, hein? »

Tristesse Club tourne autour d’histoires familiales malheureuses, avec beaucoup d’humour et de mélancolie.

Note : 7/10

 

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