Marie se maquille (dans Antoine et Marie)

Antoine et Marie – Trou de mémoire

Affiche d'Antoine et MarieAu lendemain d’un 5 à 7 entre collègues de travail, Marie (Martine Francke) se réveille seule, dans un taxi, sans le moindre souvenir de sa soirée. Que peut-elle répondre à son conjoint (Guy Jodoin) qui la suspecte de l’avoir trompé? Et si Antoine (Sébastien Ricard), livreur de pièces automobiles, possédait la clé de cette énigme… Antoine et Marie trace le portrait troublant de deux êtres aux destins séparés, unis à jamais par un même drame.

Antoine et Marie de Jimmy Larouche a remporté le Grand Prix Focus lors du dernier Festival du nouveau cinéma et un « Rising Star Award » au Festival International de Film du Canada, et a aussi été sélectionné en compétition au Festival Cinequest, en Californie.

Le réalisateur aborde le délicat sujet de la drogue du viol, dont les effets rendent les témoignages difficiles à recueillir. Il a d’ailleurs fait de nombreuses recherches, et a interviewé différentes personnes afin d’étoffer son histoire.

La scène d’ouverture est intéressante. Marie fait alors sa déposition au poste de police. La scène dure un peu moins de cinq minutes et, à mon grand étonnement, est reprise intégralement plus tard dans le film. J’aurais été portée à ne mettre que la suite de cette scène, mais cela crée assurément un effet de circularité.

Le personnage de Marie est, au début du film, avant le fameux 5 à 7, de nature plutôt enjouée. Après la soirée, son humeur change. Elle parle peu, sourit moins, est évasive. Mais son conjoint ne semble se rendre compte de rien. Marie et son conjoint se baignent (dans Antoine et Marie)Et cela m’apparaît peu probable qu’il ne voie pas les signes de la détresse (du moins d’un malaise) de celle qui partage sa vie. Ils semblaient pourtant très proches, notamment dans la scène de la baignade – une belle scène d’amour d’ailleurs.

En parallèle de l’histoire de Marie, on suit celle d’Antoine. Ce dernier semble complètement désabusé. Ses rôles de père et d’époux ne le comblent pas. Il entretient sa rage, qu’il n’exprime pas ou très peu. Marie et Antoine, pour des raisons différentes, peinent à communiquer avec ceux qui les entourent.

C’est le manque de temporalité qui m’a le plus gênée dans le film. À un certain moment, je croyais qu’il ne s’était passé que deux ou trois jours quand, dans les faits, on réalise plus tard qu’au moins deux semaines s’étaient écoulées. Et d’autres semaines passeront encore sans que cela soit clairement présenté. Ça m’a dérangée à un certain moment, au point où je ne croyais plus au récit.

Mais le sujet d’Antoine et Marie reste intéressant et inquiétant, car, dans les faits, cela pose la question suivante : à qui peut-on faire confiance?

Et une fois le mal accompli, comment peut-on faire pour reconstruire sa confiance et redevenir un peu insouciant, du moins, avec nos proches?

Note : 6/10

 

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