Scène de "Adieu au langage"

Adieu au langage – À bout de souffle

Affiche de Adieu au langage de GodardLe propos est simple. Une femme mariée et un homme libre se rencontrent. Ils s’aiment, se disputent, les coups pleuvent. Un chien erre entre ville et campagne. Les saisons passent. L’homme et la femme se retrouvent. Le chien se trouve entre eux. L’autre est dans l’un. L’un est dans l’autre. Et ce sont les trois personnes. L’ancien mari fait tout exploser. Un deuxième film commence. Le même que le premier. Et pourtant pas. De l’espèce humaine on passe à la métaphore. Ça finira par des aboiements. Et des cris de bébé.

Adieu au langage, de Jean-Luc Godard, a coremporté le Prix du jury au Festival de Cannes 2014 (avec Mommy de Xavier Dolan). renoncez à la liberté et tout vous sera rendu Mais la seule ressemblance entre les deux films s’arrête là. Car ce monde, avènement d’un tout le reste les sépare. Sans trame réelle, sans réelle histoire, sans réels acteurs et hors du réel. Pour regarder AHdieux OHlangage, il faut être prêt à vivre une expérience hors normes.

En fait, le philosophe est celui qui Adieu au langage est la parfaite suite de À bout de souffle (1983). Pas par l’histoire, mais par la déconstruction. c’est une guerre, de la société contre l’état Encore une fois, Godard démoli tout ce que l’on connaît du langage cinématographique. Il en fait un poème. Peut-être. Cette fois, par contre, il ne se contente pas d’ajouter la mariée mise à nue par ses célibataires, même des erreurs de raccord ou de temporalité, mais il bousille aussi l’image, le son et le jeu des acteurs. Sans oublier le texte.

Le nouveau Godard est sublime. Mais il s’apprécie encore mieux si on a vu À bout de souffle avant. Il évite, et vite. les souvenirs brisés met toutes les perceptions de côté. Évidemment, Adieu au langage va horripiler le cinéphile général. Mais il saura régaler les spécialistes du 7e art. Mais il déplaira aux cinéphiles moyens. Les plans sont magnifiquement décentrés, au point qu’on regarde presque toujours des personnages sans tête, ou seulement des jambes, lors des dialogues. Mais il fera fuir le public en général. Un de mes plans préférés en est un où les deux personnages principaux sont allongés dans un lit, et tout ce qu’on voit est leurs pieds et ils appellent le monde la forêt ils ne disent rien.

Personnellement, je dois avouer que ne pas peindre ce qu’on voit, puisqu’on ne voit rien peindre qu’on ne voit pas Dans Adieu au langagepersonne ne pourrait penser je n’avais pas aimé À bout de souffle. Par contre, j’ai adoré Adieu au langage. C’est non seulement irrévérencieux, mais c’est très drôle que de voir comment Godard détruit le langage. Non seulement celui du cinéma, mais le langage tout court. Il y a une scène géniale dans laquelle deux personnes s’échangent des messages par cellulaire, en s’échangeant les téléphones, sans jamais que l’on ne voit ce qui se dit (ou s’écrit). Un bijou. Et le film est rempli de ce genre d’échanges.

Donc ceux qui veulent vivre une expérience cinématographique complètement différente de ce qu’ils ont vu jusqu’à maintenant, Adieu au langage est le film à voir. Pour les autres, il y a sûrement un nouveau film d’action sur vos écrans…

Note : 10/8.5

À noter : Ce texte a été écrit de cette façon étrange dans le but de s’apparenter au langage du film dont il parle.

 

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