Le voleur de bicicletteAntonio Ricci (Lamberto Maggiorani), un ouvrier de quarante ans, habite la périphérie de Rome. Chômeur depuis deux ans, il se voit proposer un emploi de colleur d’affiches, à condition qu’il fournisse son propre vélo. Comme le sien a été mis en gage, sa femme, pour le récupérer échange sa seule paire de draps. Mais, le premier jour de son travail, il se fait voler sa bicyclette. La police, auprès de laquelle il porte plainte, lui conseille de rechercher lui-même son voleur. Il part à sa recherche, avec son fils Bruno, âgé de dix ans, et d’un ami. Ils retrouvent le voleur qui s’enfuit. Il devra poursuivre sa recherche pour ne pas perdre son emploi et retourner dans la misère.

Ladri di biciclette, de Vittorio De Sica, se déroule dans l’Italie d’après guerre. La vie est dure et le travail est rare. C’est chacun pour soi, et Antonio n’y échappe pas. Lorsqu’on est réduit à vendre la seule paire de draps qu’on possède pour se procurer l’outil dont on a besoin pour travailler, ça n’augure rien de bon.

Bien entendu, ici nous sommes touchés par l’histoire de la famille Ricci. Mais à la fin des années 1940, une grande partie de la population italienne vivait ce genre de situation. Ladri di biciclette s’inscrit dans le courant du néoréalisme. Ce courant, né dans l’Italie d’après-guerre, et il est défini par un retour à la démonstration de la réalité dont le cinéma de l’Italie fasciste a occulté ou travesti. Le cinéma montre alors l’Italie défaite et misérable, privilégiant le tournage en extérieurs, dans la rue, en éclairage naturel, avec des acteurs pas forcément professionnels. Le cinéma se porte maintenant vers le rapport des hommes à la réalité. D’ailleurs, De Sica choisit un véritable ouvrier en Lamberto Maggiorani, pour interpréter le chômeur du film.

Dans Ladri di biciclette la situation de crise est évidente : grand nombre de chômeurs, nombreux vols de bicyclettes, enfants qui mendient, écarts entre les classes sociales, une police corrompue et dépassée, etc. La guerre, bien que terminée, est encore présente, que ce soit lorsqu’on montre les objets déposés au Mont-de-Piété ou les vêtements allemands portés par les gens.

Scène du Voleur de biciclettePetit détail intéressant : bien que le film se déroule à Rome, le réalisateur a tourné en évitant le plus possible de donner des points de repère touristiques ou joyeux. On ne voit ni le Collisé, ni la Basilique Saint-Pierre, ni la Chapelle Sistine. Le but étant de créer un certain anonymat, car ce n’est pas l’histoire d’un homme que nous offre le réalisateur, mais l’histoire des Italiens en ce moment précis de l’histoire. Et comme la crise touchait la majorité des habitants du pays, en retirant les symboles visuels, on offre cette vision plus globale, et la possibilité que ce soit n’importe qui qui se retrouve dans cette situation.

De plus, ce film est toujours d’actualité. Avec la crise économique qui se déroule actuellement en Europe, le taux de chômage est très élevé et les gens ont de plus en plus de difficulté à arriver financièrement. Les jeunes perdent espoir et se demandent s’ils ne devront pas quitter leur patrie. Je vous invite donc à voir, ou à revoir ce classique du cinéma italien.

 

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