The Tribe – Coup de poing

The Tribe - afficheLe premier long métrage du réalisateur ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy, The Tribe, est présenté dans le cadre du FNC. Il n’y aura qu’une seule représentation, le 14 octobre à 18 h 45, et il ne faut pas la manquer! Il s’agit d’une expérience cinématographique tout à fait particulière : un film en langue des signes, sans sous-titres, sans voix-off et sans musique. Mais il est très différent des films muets puisque les personnages se parlent constamment et se disputent avec animation. Les tapes dans les mains, sur les corps, les claquements de doigts rythment les conversations. Et on comprend l’essentiel des magouilles, des disputes et des enjeux auxquels ces jeunes sont confrontés. Si, sur le coup, certaines scènes sont plus difficiles à comprendre, elles feront sens avec le temps.

Sergueï, un adolescent sourd et muet, s’installe dans un établissement spécialisé. Après une initiation assez violente, il se verra intégrer à la bande mafieuse du pensionnat qui fait divers trafics et pour laquelle deux filles se prostituent. Et il monte graduellement les échelons. Amoureux de l’une des filles qui se prostituent, il finit par perdre le contrôle…

Ainsi, toutes les nuits la bande quitte le pensionnat et va faire la fête. Ils reçoivent l’aide d’un adulte qui travaille pour l’école, un homme à tout faire qui enseigne l’ébénisterie. Le film rend compte de beaucoup de violence, de même que de fortes émotions : amour, haine, désespoir. Sergueï et Anna vivent tout de même en cachette une histoire d’amour et le jeune homme tente de l’aider de son mieux. Mais la vie ne fera pas de cadeaux à ces jeunes adolescents. On dépeint un milieu particulièrement dur où, pour mieux vivre, on doit obéir en acceptant de donner tout aux plus forts.

Plusieurs plans de déplacement sont caméra à l’épaule, créant ainsi du mouvement. En contrepartie, on retrouve plusieurs longs plans séquences statiques. Dont la première scène de sexe entre Sergueï et Anna. Sans musique, le plan devient un peu malaisant, à la manière des plans sexuels de La Vie d’Adèle. Et bien que le film dure 130 minutes, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer.

En entrevue, le réalisateur confiait que cette « mafia sourde » n’était pas que le fruit de son imagination : « Les sourds n’aiment pas le reconnaître, mais il existe bien une microsociété alternative, non-officielle, qui a ses gardiens, ses tribunaux arbitraires, etc. » Par ailleurs, à la fin des années 1990, Slaboshpytskiy a été reporter en rubrique criminalité au moment où les guerres de gang faisaient rage en URSS. Il a ainsi pu intégrer à son film choc certaine de ces histoires qu’il n’a pu effacer de sa mémoire comme il le disait lui-même.

The Tribe est un récit initiatique à la fin percutante! Un film sans compromis à ne pas manquer.

Note : 9/10

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