Fires on the plain – En mode survie

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Une couverture du roman de Shohei Ooka

Le film japonais Fires on the plain de Shinya Tsukamoto est présenté dans le cadre du FNC le 11 octobre à 21 h 30 et le 12 octobre à 13 h 15. Il s’agit de l’adaptation cinématographique du roman Nobi de Shohei Ooka, qui avait déjà fait l’objet d’un film en 1959 par Ichikawa, un célèbre et prolifique réalisateur japonais. Je ne pourrai malheureusement pas établir de parallèle entre les deux adaptations n’ayant pas vu celle de 1959. Par ailleurs, Ooka s’est inspiré de son expérience personnelle de la guerre pour écrire son roman et, tout comme lui, le protagoniste du film est écrivain. On suit ainsi un soldat japonais, qui, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, aux Philippines, du côté japonais, tente de survivre. Il est malade, souffre des poumons et de malnutrition. Il est entouré d’horreurs et lutte sans relâche pour survivre, dans un paysage de fin du monde.

Ce film montre la guerre dans toute sa brutalité; il s’agit d’une proposition radicale. On est d’ailleurs très près par endroits du film d’horreur, où les soldats s’apparentent à des zombies. Certains en viennent à commettre des actes de cannibalisme. Plusieurs plans montrent des scènes très sanglantes de fusillades et de bombardements : des membres arrachés et de la cervelle jonchent le sol, le sang gicle des corps mutilés. On découvre des champs de cadavres, dont parfois certains corps sont déjà très avancés dans la composition. Quelques hommes par désespoir se font exploser avec des grenades. C’est tellement poussé par moments que ça paraît grotesque.

Le film est très sensoriel : un grand travail est accordé au son et à la couleur. Les bruits de guerre (bombes et fusils) sont très présents, parfois de la musique les couvre rendant l’ensemble surréel. Vers la fin, on entend le bruit de soldats en train de manger et de boire d’autres hommes, un son très semblable à ce que l’on retrouve dans les films de zombies. Autrement, le rouge prédomine dans les conflits. Le vert de la nature contrastent aussi dans quelques plans. L’image est parfois floue ou en surimpression, ce qui rend compte de l’état d’épuisement et d’accablement des personnages (l’extrait n’est pas sous-titré, mais il témoigne bien de ces particularités de l’image).

Complètement démunis, les soldats luttent pour leur survie, à la recherche de nourriture et d’eau, et aussi de tabac, dernier plaisir qui leur reste. Quelques plans de caméra subjectifs témoignent cette fois de la panique du protagoniste. D’autres plans très rapides, qui font perdre au spectateur la notion d’espace, montrent bien le désordre et la peur.

Fires on the plain présente quelques-unes des horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Un film que les amateurs de gore aimeront certainement.

Note : 6,5/10

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