La Vénus à la fourrure – Par un après-midi d’orage

 Putain de comédienne à la con! Conasse!

Thomas

La Vénus à la fourrure - affiche

Vendredi dernier, le nouveau film, en français, de Roman Polanski, La Vénus à la fourrure, prenait l’affiche au Québec. Un film de dialogues absolument incroyable! Dans un théâtre parisien, après une longue journée d’auditions plus mauvaises les unes que les autres, l’adaptateur (du roman allemand La Vénus à la fourrure de Leopold von Sacher-Masoch) et le metteur en scène de la pièce La Vénus à la fourrure, Thomas (Mathieu Amalric), se prépare à rentrer chez lui. Vanda (Emmanuelle Seigner) surgit alors dans le théâtre et l’implore de la passer en audition. Femme vulgaire, il est convaincu qu’elle ne fera pas l’affaire. Dès qu’elle commence à jouer, elle se métamorphose. Il lui donne alors la réplique, presque subjugué. Et aussitôt qu’elle quitte le personnage, elle ne semble, aux yeux de Thomas, rien comprendre de la pièce. Mais d’où peut-elle bien sortir?

Il s’agit essentiellement d’un film sur les relations de pouvoir. Au début du film, le metteur en scène détient le pouvoir et juge du travail de la comédienne. Au fur et à mesure qu’il se laisse subjuguer par le pouvoir d’attraction de Vanda (qui porte d’ailleurs le même prénom que le personnage principal de la pièce), c’est elle qui prend les rênes. Mais à chaque fois qu’elle quitte le personnage, qu’elle commence à discuter de la valeur de telle réplique, de l’aspect dégradant de celle-ci, du sexisme de la pièce, c’est comme un coït interrompu pour Thomas, qui semble redécouvrir le côté emmerdeur et vulgaire de la jeune femme qui ne comprend rien à rien. Et il est soufflé du fait qu’elle connaisse le texte par cœur, texte qui ne devrait même pas être disponible en entier. Et elle a tous les costumes et accessoires nécessaires. Est-elle seulement réelle cette femme? Humaine ou déesse?

L’esthétique du film est tout à fait particulière. D’abord, le travelling du début est génial. On avance entre les arbres, sous l’orage, et entrons dans le théâtre. Un travelling inverse conclut d’ailleurs le film. Magnifique! Tout le film se passe dans un théâtre. Et ils jouent comme au théâtre, avec très peu d’accessoires. Et lorsqu’ils miment les actions, par exemple touiller le café, le son est ajouté, rendant le geste presque réel. Cela rappelle un peu le rapport à l’espace et aux décors de Dogville de Lars von Trier.

Il faut aussi de l’audace pour faire un film avec seulement deux personnages. Aucun autre, et pas de figurants non plus. Le jeu d’Almaric et de Seigner est tout simplement excellent! Ils habitent la scène. Ils savent jouer au cinéma et au théâtre. Et incarner différents rôles, de Vanda à la Vénus en passant par les Bacchantes, pour ne nommer que ceux-là.

Pour Emmanuelle Seigner, ce long métrage est un vrai film polanskien par l’aspect surréaliste et l’humour slave qui le parcourt, mais également une multitude de petits détails (accessoires, costumes et attitude des personnages) qui lui rappellent d’autres films du réalisateur, tantôt Le Bal des vampires, tantôt à Cul-de-sac, tantôt encore Le Locataire.

La Vénus à la fourrure est un film à ne pas manquer. Une œuvre entre cinéma et théâtre, entre fantasme et réalité!

Note : 9,5/10

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