Conte du Mile End – Vide de sens

Conte du Mile End - afficheScénarisé, réalisé et produit par Jean-François Lesage, Conte du Mile End était en salle en décembre 2013. L’Excentris offre maintenant des options de location où l’on retrouve ce documentaire (http://cinemaexcentris.com/cinema-en-ligne). Suite à une rupture avec sa copine, un homme déambule dans le Mile End, un quartier populaire de Montréal qui renferme une population hétéroclite. Il rencontre des amis et des connaissances, des passants et même un sans-abri, qui lui confient leur vision de l’engagement, de la fidélité (surtout de l’infidélité) et de la difficulté d’aimer.

Après le visionnement de la bande-annonce de Conte du Mile End, j’avais bon espoir. Ce documentaire, aux allures de docu-fiction, n’a pourtant pas répondu à mes attentes. En fait, je ne vois pas l’intérêt de ce film du fait que l’on présente qu’un point de vue unique de ce que sont l’amour, la fidélité et l’infidélité. Les personnes interrogées sont toutes aussi désabusées face à une relation de couple stable. Il faut dire qu’en questionnant des gens de nuit dans le Mile End, on recherche ce type de réponse. Le réalisateur Lesage confiait d’ailleurs en entrevue à André Duchesne pour La Presse : « j’aime aussi filmer la nuit parce que les inconnus que l’on croise dans la rue à 3 h du matin un jeudi ne nous parlent pas de la même chose, ni de la même manière, qu’à 8 h un lundi matin. Les gens sont parfois soûls ou drogués et le ton de la conversation est très différent. La nuit offre un meilleur terrain pour les confidences intimes. » Je ne suis pas certaine de l’intérêt de tels discours.

La scène d’ouverture semblait prometteuse. On commence sur une rupture amoureuse. Il paraît évident qu’il s’agit d’une mise en scène. Le documentaire prend donc des airs de fiction. Or, dans la même entrevue, Lesage disait qu’il ne s’agissait pas d’une scène de fiction, mais bien de la rupture d’un couple qu’il connaît et à laquelle il a assisté. Personnellement, si un ami filmait un peu par hasard le moment où je récupère mes effets personnels à la suite de ma séparation, je serais insultée. Malgré qu’il s’agisse d’un documentaire, le film semble très scénarisé.

Par ailleurs, le son est la plupart du temps très mauvais. On ne semble pas utiliser de micro afin de capter les conversations et le bruit ambiant couvre les voix. C’est très dérangeant. Au moins, à trois ou quatre reprises, des chansons sont interprétées par des gens rencontrés. Ce sont parmi les rares bons moments. Sinon, les scènes où Severyan se promène dans les rues, seul, et observe ce qui l’entoure, notamment les graffitis, sont intéressantes.

Conte du Mile End pourrait plaire à ceux qui ne croient ni en l’amour ni en la fidélité. À écouter à 3 h du matin, dans le même état que ceux qui sont interrogés…

Note : 4/10

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