Bunker – Vivre avec ses fantômes

Deux hommes assis sur le bord du bunkerDeux militaires se font laisser en pleine campagne québécoise pour être affectés dans un vieux bunker. Mais pourquoi sont-ils là au juste? La question reste entière pour Gagnon et Tremblay, sans occupation, ni véritable mission, ils pensent logiquement qu’il s’agit là d’une erreur administrative ou d’une simple punition. Pourtant, une terrible demande de leur protocole leur parvient : activer une riposte nucléaire suffisamment puissante pour que disparaissent plusieurs millions d’habitants de l’ancienne URSS. Les deux hommes n’ont aucun moyen de vérifier que leur pays est véritablement attaqué. Et la guerre froide a pris fin depuis plus de vingt-cinq ans. Quoi faire alors?

Bunker de Patrick Boivin, sur un scénario d’Olivier Roberge, est un film qui se déroule à huis clos, dans la campagne au nord du Québec. Un film à l’atmosphère aussi paranoïaque que prenante, dans lequel le réalisateur capte avec force toute l’angoisse de ces deux hommes au caractère opposé, forcés de cohabiter dans un bunker pendant 4 mois. Il faut d’ailleurs souligner le jeu des deux acteurs principaux, Martin Dubreuil et Patrice Robitaille.

Le film de Patrick Boivin montre qu’il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de personnages ou de lieux pour créer un bon film. En réalisant l’histoire de deux gars de l’armée en punition dans les Laurentides, il réussit à créer une œuvre qui nous mène à réfléchir sur l’effet de l’isolement. Il montre les risques possibles lorsque deux hommes sont isolés, loin de toute civilisation : les difficultés psychologiques et physiques, mais aussi les conflits et les plaisirs qui peuvent s’y rattacher. Boivin montre bien que rien n’est tout noir ou tout blanc.

Deux autres thèmes sont traités ici, soit la prise de décisions et la nécessité d’en assumer les conséquences, et jusqu’à quel point il faut respecter des ordres. Dans le cas de Bunker, Gagnon et Tremblay devront se demander s’ils doivent appuyer sur le bouton qui risque de tuer des centaines de personnes qu’ils n’ont même jamais vues. Personnellement, je crois qu’il est inconcevable de demander à deux hommes (même s’ils sont soldats) de déclencher une arme redoutable, qui enlèvera la vie à d’autres centaines, voire des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Surtout si les deux soldats ne peuvent savoir s’il y a réellement une guerre ou un danger.

Ce qui me plaît particulièrement dans Bunker c’est le fait qu’on ne sait pas vraiment pourquoi les deux hommes sont envoyés au bunker. Tout au long du film, nous sommes amenés à supposer la raison de leur présence en ce lieu, mais sans jamais nous en donner la certitude. Mais à mesure que nous découvrons les fantômes qui peuplent leur conscience, nous arriverons à comprendre de mieux en mieux les raisons de la présence de ce bunker.

Ce deuxième long métrage de Patrick Boivin nous fait passer de moments tragiques à des moments drôles qui détendent l’atmosphère parfois lourde du film. Une œuvre qui vous fera réfléchir sur l’importance d’être capable d’assumer ses décisions. À l’affiche le 7 mars.

Note : 8/10

1 réflexion sur “Bunker – Vivre avec ses fantômes”

  1. Les questions soulevées par ce film semblent vraiment interessantes. J’aurais aimé entendre parler de ce film lors de sa sortie en salles. Bien triste d’avoir manqué ça !

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