Gros plan du visage du personnage de ThéodoreTheodore Twombly (Joaquin Phoenix) est rédacteur de lettres personnelles pour une petite compagnie de Los Angeles. Séparé depuis peu, il hésite encore à signer les papiers du divorce que sa femme, Catherine (Rooney Mara), le presse de signer. Depuis sa séparation, il vit seul et refuse de rencontrer une nouvelle femme. Un jour, il se procure OS1, un système d’opération doté d’intelligence artificielle, qui devient sa confidente. Au fil des conversations, Theodore et Samantha (OS1 – interprété par Scarlett Johansson) développeront une relation amoureuse, aussi normale que possible, qui les comblera tous les deux… du moins, pour quelques temps.

Her, de Spike Jonze, rappelle S1m0ne (2002) d’Andrew Niccol. Mais Jonze se permet d’aller plus loin. Bien entendu, la technologie a évolué depuis 2002, mais on passe de la comédie romantique au drame romantique. D’ailleurs, malgré que la relation que développe Theodore avec son système d’exploitation relève de la fiction, notre réalité en est de plus en plus près. Ça fait plusieurs années que des compagnies comme Apple travaillent à créer un OS qui serait capable de réfléchir et de ressentir la réalité. Her n’en est donc que plus touchant.

Touchant ou… épeurant? Disons que si vous faites partie de ces gens qui ont peur des téléphones intelligents ou des médias sociaux, vous trouverez certainement Her troublant et dérangeant. Sinon, vous le trouverez certainement touchant… et peut-être un peu troublant. Car, soyons honnête, nous ne sommes pas prêts à accepter de vivre une relation amoureuse avec notre cellulaire. J’en entends déjà dire que ce genre de relation serait tellement plus simple! Vraiment? Après combien de temps cette relation deviendrait frustrante. Il ne faut pas oublier qu’un ordinateur sait tout. Je crois qu’après un certain temps, la relation deviendrait frustrante pour l’humain et insatisfaisante pour la machine.

Revenons au film… Joaquin Phoenix est épatant. Tellement, que par moments on en vient presque à oublier qu’il vit une relation avec une machine et on se laisse prendre au jeu. Il est d’ailleurs très intéressant de voir comment la relation se développe entre les deux personnages. Theodore passe par les mêmes étapes que passerait n’importe quelle personne ayant vécu une séparation difficile, lorsque débutant une nouvelle relation. Au début, la magie, ensuite le doute, puis il se laisse aller et vit des moments heureux. La scène où Theodore, les yeux fermés, se laisse guider par Samantha à travers une foule est merveilleusement bien filmée. C’est à ce moment qu’on se laisse prendre au jeu et qu’on accepte la relation des deux personnages. Malgré l’étrangeté de celle-ci.

Her, un film qui fera très certainement fureur à l’approche de la Saint-Valentin.

Note : 8/10

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *