Le DémantèlementLe nouveau film de Sébastien Pilote (Le Vendeur, 2011), Le Démantèlement, prendra l’affiche le 15 novembre. Après avoir été projeté dans différents festivals à travers le monde, la première montréalaise du long métrage avait lieu le 4 novembre. Le film avait d’ailleurs été bien reçu au Festival de Cannes en mai dernier. Gaby (Gabriel Arcand) est éleveur de moutons. Quand sa fille aînée Marie (Lucie Laurier) vient lui demander de l’argent pour racheter la part de son ex-mari pour la maison, il choisira de démanteler sa ferme pour lui venir en aide. Il vendra tout : troupeau, terre et maison. Il devra se chercher un logement en ville, lui qui a toujours vécu sur sa terre.

Par les sacrifices que Gaby s’impose pour le bonheur de ses filles, on pense au roman Le Père Goriot d’Honoré de Balzac. L’égoïsme de Marie est révoltant, mais semble presque inconscient. En contrepartie, son autre fille Frédérique (Sophie Desmarais), qui étudie le théâtre à Montréal, ne donne pas beaucoup de nouvelles. Après avoir été contactée par l’ami de son père (Gilles Renaud), elle tentera tout de même de soutenir son père dans cette difficile étape, mais repartira quelques jours plus tard. Dans une entrevue à Pierre Blais, le réalisateur qualifiait Marie d’égoïste et Frédérique, de narcissique. Le film d’ailleurs est présenté en deux chapitres; un chapitre par fille. La décision de démanteler et le démantèlement.

« Une ferme, ça ne se vend pas, ça se transmet. » C’est ce que Gaby a toujours dit, mais comment faire quand tes deux filles n’en veulent pas et qu’aucun neveu ou nièce n’est intéressé. La vente s’imposera d’elle-même. L’agriculture et l’élevage ne sont plus à la mode. Peu de gens sont maintenant prêts à vouer leur vie à leurs bêtes et à leurs champs. Un éleveur ne peut prendre de congés. Ses bêtes, elles, ne comprendront pas que c’est samedi. Gaby souhaiterait voir davantage ses deux filles et ses petits-enfants, ses raisons de vivre, mais il n’a pas de temps. La vente de sa ferme lui donnera peut-être cette chance.

Les plans sont très beaux. Les paysages sont magnifiques et on remarque un grand souci autour de la lumière. Pilote travaille aussi beaucoup avec les gros plans. On regarde souvent Gaby dans les yeux, on souffre avec lui devant son impuissance et son désarroi. Sa décision de vendre sera difficile et l’émotion passe bien. Je n’ai pu réprimer quelques larmes, mais ça ne devient pas pathétique. La facture est réaliste et c’est probablement l’une des forces du film. Changer de mode de vie demande beaucoup de courage et de foi.

Le Démantèlement est le récit d’un père prêt à tout le bonheur de ses filles.

Note : 8,5/10

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