Un homme noir qui courtÀ New York, en 1841, Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor), un jeune Afro-américain libre, est kidnappé et réduit à travailler comme esclave dans des champs de coton en Louisiane. Son calvaire durera près de 12 ans. Pendant cette longue période, il n’abandonnera jamais et tentera de trouver une façon de s’en sortir. Voici la base de 12 Years A Slave de Steve McQueen.

Solomon devra passer à travers plusieurs épreuves (il perd rapidement ses deux seuls alliés sur le bateau qui les transporte vers le sud). C’est probablement ce qui en fait un personnage intéressant. Parce que c’est bien connu que les cinéphiles ne s’intéressent pas aux personnes ordinaires! Mais Steve McQueen (ne pas confondre le réalisateur avec l’acteur décédé dans les années 1980) réussit à montrer les atrocités subites par les esclaves, de plusieurs façons. Il utilise beaucoup, entre autres, les flashbacks. Lors de l’un d’eux, on voit le premier maître chez qui Solomon se retrouve chanter une petite chanson expliquant ce qui arrivera si l’un des esclaves tente de se sauver. Une chanson violente par son propos et par ses menaces. Cette chanson continuera pendant plusieurs plans, alors que les hommes travaillent. Les flashbacks sont aussi utilisés pour expliquer le passé des différents personnages.

Parlant des atrocités, McQueen utilise souvent de longs plans pour montrer la longueur et la lenteur avec laquelle les châtiments sont appliqués. Dans une des scènes, qui semblent interminables, Solomon est pendu, avec seulement le bout des orteils qui touchent le sol. Cette scène nous montre l’impuissance du personnage et la peur ressentie par les autres noirs qui refusent de l’aider. Pire encore, ils continuent à travailler sans s’en occuper.

12 Years A Slave est un très bon film, il faut le dire. Par contre, je me questionne sur les vraies raisons de faire ce genre de films. Est-ce que les Américains font ce genre d’œuvres, car ils ont besoin de parler de cette période sombre de l’histoire américaine ou si ce n’est pas plutôt pour des desseins plus lucratifs? Je questionne surtout la motivation des producteurs, car, en ce qui concerne le réalisateur, je n’ai aucun doute sur son intention. D’ailleurs, ce n’est pas un secret que le film de Steve McQueen sera probablement en lice pour les Oscars. Nomination qui serait méritée, je dois dire. Les acteurs sont particulièrement bons. Je pense surtout à Chiwetel Ejiofor et à Adepero Oduye, qui se veut une révélation dans son rôle de soutien.

Je vous suggère donc d’aller voir cette tranche de l’histoire américaine, qui a encore, malheureusement, des échos de nos jours.

Note : 8/10

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