Quatres personnes allongées sur un quaiLil (Naomi Watts) et Roz (Robin Wright) sont des amies d’enfance. Elles ont passé leur vie l’une près de l’autre, élevant leur fils respectif avec des valeurs similaires. Un jour, les deux femmes, inséparables, s’éprennent chacune du fils de l’autre. Après avoir cultivé la passion pendant plus de deux ans avec leur jeune amant, les deux femmes décident de mettre un terme à cette relation malsaine pour permettre à leur garçon de mener une existence normale avec une fille de leur âge. Malheureusement, les choses ne sont pas si simples…

Adore, basé sur le livre de Doris Lessing, raconte comment deux femmes vivant dans un coin reculé peuvent se laisser prendre au jeu de la séduction. Ce film, qui a grandement choqué nos voisins du sud, n’est pourtant pas très dérangeant. Disons qu’Anne Fontaine nous offre un film plutôt prude, malgré le sujet choisi. D’ailleurs, la réalisatrice revient avec un style rappelant plus celui de Coco, avant Chanel (2009) que celui de Nathalie (2003). J’ai l’impression que, malgré son sujet, elle avait envie de faire un film grand public.

Ici, Fontaine nous offre un film carte postal. Elle nous montre de beaux paysages australiens. Elle nous présente aussi des personnages intéressants. Robin Wright et Naomi Watts sont très bonnes. Il faut dire que la réalisatrice sait diriger ses actrices. Actrices qui, il faut le dire, ont un bel (et fort) accent australien. Pas toujours facile à comprendre pour mes pauvres oreilles! D’ailleurs, je trouve que les trois ellipses de temps au début du film sont peut-être de trop. Une aurait suffi. C’est dommage, car les mouvements de caméra qui les accompagnent sont superbes.

Adore m’amène tout de même quelques questionnements. La relation dans laquelle sont ces deux femmes (l’une envers l’autre) est très fusionnelle. Elles ont grandi ensemble, de la petite enfance

 jusqu’à la quarantaine. Elles ont toutes deux eu un garçon. Ces deux garçons ont grandi ensemble, comme des frères. D’ailleurs, ils considèrent tous deux la mère de l’autre comme une seconde mère. Donc, la relation qu’ils entretiennent avec leurs mères ne devient-elle pas une relation incestueuse? Une chose est sûre, il s’agit d’une relation malsaine. Pas à cause de l’âge, mais de la relation que chacun entretenait avec les autres. Parlant d’âge… Il est rare qu’on aborde les relations amoureuses entre des femmes de 40 ans et des jeunes hommes de 18. Mais dans le cas présent, s’agit-il d’amour ou simplement de la version féminine de la crise de la quarantaine?

Avec Adore, Anne Fontaine nous offre un film intéressant, mais qui pourrait aller un peu plus loin. Il aurait été pertinent de développer la relation des personnages avec l’extérieur, car ils semblent reclus. Jamais on ne voit de voisins ou de visiteurs. À l’exception d’un collègue, une fois, qui tente de séduire Lil. Mais j’aurais aimé savoir comment ces quatre personnes ont pu garder ces relations secrètes si longtemps, et surtout, si facilement.

Adore est une histoire d’amour pas comme les autres, qui vous choquera ou vous émouvra, mais qui ne vous laissera certainement pas froid. Un film qui vous donnera envie de débattre.

Note : 7.5/10

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