Annie Hall – L’amour existentiel

Woody Allen avec de grosses lunettes montrant Annie Hall.À l’aube de ses quarante ans, Alvy Singer (Woody Allen), un acteur juif et névrosé, fait le bilan de sa situation amoureuse. C’est après s’être fait laisser par Annie Hall qu’il commence son introspection. C’est par son amour des femmes et de sa ville (New York) qu’Alvy raconte ses crises existentielles sur la vie de couple.

Pourquoi ressortir Annie Hall (1977) des boules à mites? Parce que Woody Allen sort un nouveau film à la fin du mois d’août et que je me suis dit qu’il serait intéressant de revoir quelques-uns de ses classiques avant de voir Blue Jasmine.

Annie Hall débute avec le personnage d’Alvy qui s’adresse au spectateur. Il raconte qui il est, comment il se sent et pourquoi nous allons le suivre pendant 93 minutes. Cette façon de faire (que nous revoyons à quelques reprises dans le film) n’est pas sans rappeler Les Ordres de Michel Brault, dans lequel les personnages se présentent à tour de rôle. Sauf qu’ici, c’est bien le personnage d’Alvy qui nous parle et pas Woody Allen.

Comme il a l’habitude de le faire, Allen nous présente un film dans lequel il affiche ses névroses, ses troubles de confiance et d’anxiété. Ici, les troubles d’Alvy lui viennent de sa jeunesse. S’il est incapable d’avoir une relation normale avec une femme, c’est parce qu’étant jeune, à l’école, il avait été traumatisé après avoir donné un bisou à une fille en première année. Ces difficultés se transforment en une totale incapacité à gérer une relation avec une femme.

Annie Hall est un film typique de Woody Allen. Il y a beaucoup de dialogues et peu d’action. Le personnage principal est un intellectuel, amoureux de New York et détestant la superficialité de la Californie. Un film dans lequel on retrouve des petits bijoux de phrases comme : « Ceux qui ne savent rien faire enseignent, et ceux qui ne peuvent enseigner, enseignent la gym ». Ou encore : « Je ne voudrais pas faire partie d’un club qui m’accepterait comme membre » (traductions libres).

Outre les belles phrases, d’autres moments sont particulièrement bons. Je pense, entre autres, à cette  scène où Annie Hall (Diane Keaton) et Alvy attendent en ligne pour aller au cinéma et que le type de derrière qui parle à travers son chapeau énerve Alvy. Ce dernier sort de la ligne pour s’adresser au spectateur, puis il va chercher le réalisateur (qui se trouvait hors champ par pure « hasard ») dont l’autre personnage parle et lui demande d’expliquer à l’abruti qu’il est dans l’erreur totale. Superbe!

Bien entendu, Annie Hall est bien plus que cela. Mais il m’est impossible de tout dire le bien de ce film. Vous devrez le voir par vous-même pour comprendre pourquoi il est si important dans la culture cinématographique américaine. Je vous laisse sur cette phrase d’Alvy qui résume bien sa façon de voir le cinéma (et la mienne).  Je vous offre une traduction libre : « Il m’est impossible de manquer le début d’un film, même si ce n’est que le générique. Je suis peut-être encore dans ma phase anale, mais c’est comme ça… Allons voir autre chose ».

Bon film à tous ceux qui décideront de voir ou de revoir ce grand classique.

Note : 8.5/10

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

© 2021 Le petit septième