Spring breakers - afficheHarmony Korine, qui a commencé sa carrière au côté de Larry Clark, offre un premier long métrage depuis 2009. Spring Breakers raconte l’histoire de Brit (Ashley Benson), Candy (Vanessa Hudgens), Cotty (Rachel Korine) et Faith (Selena Gomez), qui habitent un milieu très pauvre, rêvent d’aller fêter le « spring break » en Floride. Malheureusement, elles n’ont pas l’argent pour réaliser leur rêve. Mais, sur un coup de tête, trois des filles décident de cambrioler un restaurant et de s’enfuir en Floride avec l’argent. Le rêve tourne rapidement au cauchemar, lorsque les filles se font arrêter. Enfermées en prison, sans un sou, elles seront libérées, après qu’un généreux rappeur du nom de Alien (James Franco) paie leur caution. Elles se retrouveront projetées dans le monde de la criminalité floridienne.

Spring Breakers est un film de réalisme social rappelant le cinéma de Larry Clark. C’est d’ailleurs avec lui que Korine avait frappé un grand coup en cosignant le scénario de Kids (1995). On peut très bien voir l’influence dans Spring Breakers. Le thème des jeunes Américains venant des milieux défavorisés, le côté trash du film, la criminalité qui finit souvent par rattraper ce genre de jeunes. Mais, le film n’est pas un Larry Clark (devrais-je dire malheureusement?). Le film de Korine manque de profondeur et de vision. Un grand nombre de scènes montrent des filles les seins nus dansant sur la plage. Je comprends que l’idée est de montrer ce qui se passe lors du « spring break », mais, par moment, on tombe dans l’inutile. Effectivement, il est bon de montrer la réalité. Mais on n’a pas besoin de voir ces scènes à répétition. Deux ou trois fois auraient suffi à faire comprendre la notion au spectateur. D’ailleurs, la scène d’ouverture ressemble à un ramassis de clichés sur ce qui se produit lors de ces événements.

Par contre, je dois dire que le film a aussi quelques points forts intéressants. Korine passe de l’utilisation de la caméra professionnelle au caméscope amateur lorsqu’il nous montre des scènes de party. C’est une bonne façon de nous donner une impression de réalisme. Il touche aussi le christianisme américain et nous le montre dans son ridicule le plus juste et l’affaiblissement psychique que cela apporte. Le meilleur exemple est celui de Faith, qui étudie à une école catholique et qui se dit croyante, mais qui oublie rapidement les notions si pures de l’église lorsqu’elle arrive en Floride. Le sentiment d’abandon est aussi très présent dans ce long métrage. À tour de rôle, les jeunes filles se sentiront abandonnées par leurs pairs.

Ce que je trouve dommage est le fait que Harmony Korine ne soit pas capable d’amener son scénario à l’écran. Il écrit bien, il connait très certainement son sujet, mais il n’est pas capable de le traduire avec panache. Ce film aurait très certainement pu sortir gagnant d’une autre association avec un réalisateur comme Clark. Surtout que James Franco est simplement génial dans son rôle de caïd. Mais bon…

Spring Breakers est un film où se côtoient jeunesse, sexe, drogue et… alcool. Le genre de film qui risque tout de même de faire réfléchir.

Note : 6.5/10

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *