Girl with a Pearl Earring - afficheDu 3 mai au 2 septembre 2013, le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa présente une exposition Comprendre nos chefs-d’œuvre sur trois peintres flamands du 17e siècle : Rubens, Van Dyck et Jordaens. À la même période, un autre peintre flamand important pratiquait : Johannes Vermeer. Il a peint notamment Girl with a pearl earring (La jeune fille à la perle, 1665), aussi surnommée la « Joconde du Nord » par le regard de la femme. En 1999, Tracy Chevalier publiait un roman où elle imaginait les circonstances entourant la création de ce tableau. Quatre ans plus tard, Peter Webber réalise un film basé sur ce roman. Griet (Scarlett Johansson) est engagée comme bonne chez Johannes Vermeer (Colin Firth). Elle doit entre autres tâches faire le ménage de l’atelier du peintre. Rapidement, celui-ci perçoit chez la jeune femme une aptitude particulière à percevoir le monde, sa composition et ses couleurs. Il la prendra sous son aile et lui confira la délicate tâche de faire les couleurs. Suite à une commande de Pieter Van Ruijven, le mécène de Vermeer, il réalise le portrait de Griet.

Ce film porte tout entier sur la lumière. Dès la première scène dans l’atelier, un travail sur la lumière est entamé. Griet ouvre les volets et la pièce s’éclaire peu à peu, livrant ainsi ses secrets. Elle ira aussi interroger sa maîtresse avant de laver les fenêtres ne voulant en rien entraver l’ouvrage du peintre en altérant la lumière qui filtre par les carreaux. Elle a une sensibilité particulière devant les toiles de Vermeer; elle porte attention aux détails, allant jusqu’à retirer une chaise d’une scène sur laquelle travaille le peintre. Ce dernier questionne le changement dans la composition sans pour autant réprimander Griet, se ralliant même à son avis.

Lorsque Vermeer fera le portrait de Griet, il lui demande de changer sa coiffe blanche pour un turban bleu et jaune. Il lui demandera encore de se mouiller les lèvres afin que sa lèvre soit de la bonne teinte. La jeune femme, pleine de pudeur, acquiesce, un peu à contrecœur. Le tableau est pratiquement terminé, mais quelque chose manque encore. C’est en regardant son épouse portant des perles aux oreilles qu’il trouve ce je ne sais quoi qui manquait à sa toile. Griet devra porter une perle afin que la lumière du col s’y reflète.

Ce tableau de Vermeer est très réaliste. Le regard de la jeune fille à la perle est d’une grande intensité et les couleurs, captées par la lumière, permettent de faire ressortir chaque détail. Lorsque le peintre observe Griet, il ressemble presque à un prédateur, semblant prêt à fondre sur sa proie. Il capte toutes les nuances de tons de l’ensemble afin de les rendre à la perfection.

Ce peintre a un style fort différent de Renoir. Ce dernier s’inspire d’un modèle qu’il ne souhaite pas immobile. Il veut rendre compte du mouvement, de la légèreté du modèle. Vermeer veut au contraire la plus grande ressemblance. Le tableau pourrait même sembler plus vrai que nature, du moins, tel est le cas de Girl with a pearl earring.

Un film qui nous donne envie de regarder les nuages et d’en voir toutes les couleurs. Et de faire un petit détour par Ottawa pour explorer les nombreux tableaux aux couleurs vives des peintres flamands du 17e siècle.

Note : 7,5/10

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