About Cherry - afficheAbout Cherry, le premier et seul long métrage de Stephen Elliott (sélectionné à Berlin) raconte l’histoire d’Angelina, alias Cherry, une jeune femme de 18 ans sur le point de terminer ses études secondaires. Mais sa vie de famille difficile (mère alcoolique et beau-père violent) la poussera à trouver une solution pour s’occuper d’elle-même. Un matin, sur les conseils de son copain, elle décide de poser pour une séance de photos érotiques. Avec l’argent recueilli, elle décide de partir avec son meilleur ami pour San Francisco, sans aviser sa famille. Là-bas, elle décidera de devenir actrice porno et d’en faire son gagne-pain.

Elliott, écrivain reconnu, propose un film intéressant, mais qui nous laisse sur notre faim. Le réalisateur installe bien l’ambiance de son film. La jeune Angelina et sa sœur cadette sont coincées dans un milieu qui ne leur donne aucune chance d’avenir. C’est pour cette raison qu’Angelina décide de se sauver et, du coup, de faire une séance de photos érotiques avec un photographe minable. Mais l’argent ainsi gagné (300$) lui permet tout de même de partir pour San Francisco, ce qui amène le film à un autre niveau. Un petit point m’étonne lors de cette séance photo : l’aise avec laquelle cette jeune adulte la réalisera.

Grâce à la technologie, Angelina et Andrew se trouveront rapidement un endroit où vivre. Après avoir travaillée comme serveuse dans un bar de danseuses, elle se laissera attirer par l’argent facile et se trouvera un emploi dans le monde de la porno web. C’est surtout cette partie qui est intéressante. Comme Elliot est un ancien travailleur du sexe et que sa co-scénariste est une actrice porno, il est possible d’imaginer que ce qu’on nous montre de monde de la pornographie web est réaliste. Il est donc intéressant de voir Angelina passer une entrevue lorsqu’elle veut devenir actrice. Une fois qu’on entre dans les studios, j’ai été étonné de voir la grande quantité de femmes qui y travaillaient (dans des rôles qui n’ont rien à voir avec celui d’actrice ou de modèle). J’imagine que c’est rassurant pour les jeunes débutantes.

Par contre, je dois affirmer une certaine réserve quant au film. Je trouve que Stephen Elliott manque un peu d’audace. Il aurait pu pousser un peu plus. Les scènes de tournage sont un peu trop propres. On voit une caméra qui film l’action de côté et de loin. Lorsqu’on regarde ce genre de production, disons que les gros plans sont beaucoup plus mis en valeur que les plans généraux. Disons que ça manque un peu de crédibilité. Je ne demande pas de filmer des scènes explicites, mais juste plus réalistes. On pourrait prendre Boogie Nights de P.T. Anderson pour exemple. Les scènes des films pornos qu’on y tourne sont beaucoup plus réalistes. De plus, la fin est précipitée. Ça donne l’impression que le temps limite était atteint et que les producteurs ont dit : ok… c’est fini, on a plus de cash. C’est dommage, car le film s’arrête d’une façon trop facile.

Je dois féliciter les scénaristes sur un point : jamais on ne montre Cherry (Angelina) comme une pauvre victime de la porno. Elle aime ce qu’elle fait et elle s’assume. Ça amène une certaine fraicheur, car généralement les filles qui font de la pornographie sont dépeintes comme des victimes qui tombent dans la drogue pour oublier ce qu’elles font de leur vie. Bravo pour le courage de dire l’inverse (surtout venant de deux personnes qui ont connu ce milieu de prêt).

About Cherry est donc un film intéressant, mais qui manque un peu de vision.

 

Note : 7/10

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