À contre-courantVendredi dernier est sorti en salles (à Montréal) À contre-courant, un film réalisé par Lisa Sfriso, qui relate la création et les débuts du parti politique Québec solidaire. On y voit la création du parti, par l’unification des forces de gauches, en 2006 (UFP et Option citoyenne). Puis, on découvre comment le parti a pris forme et de quelle façon il évoluera en sept ans et lors de ses 3 élections.

Le documentaire, tourné sur une période de huit ans, donne une belle vision de ce qu’est le parti. La réalisatrice montre la réalité du parti de façon très objective et très humaine. Étant présente à l’Excentris lors de la projection de dimanche après-midi, elle expliquait avoir eu carte blanche pour la réalisation de son film. Personne de QS ne lui disait quoi faire ou quoi ne pas mettre dans le documentaire. D’ailleurs, les représentants de QS n’ont pas vu le film avant qu’il soit terminé. Cette ouverture est très généreuse, car généralement, un parti politique tente toujours de contrôler l’information. C’est donc un beau souci de transparence offert par le parti.

Comme le film a été tourné sur huit années, Lisa Sfrisa a eu la possibilité de tourner une grande quantité d’images. Cela a rendu le montage difficile, car le choix était grand, mais a aussi permis une belle qualité dans les choix finaux. On y voit une Françoise David passionnée, motivée et toujours aussi vraie. On découvre son parcours alors que, dès 2004, elle prend la route dans son Westfalia afin de présenter les idées d’Option citoyenne à travers le Québec. Par ailleurs, un plan particulièrement touchant nous est offert lors de sa défaite aux élections de 2009. On y montre aussi le vrai Amir Khadir, qui a été souvent démonisé par les partis au pouvoir et les médias. On le voit comme un homme passionné, humble et près de ses enfants.

Lors de la discussion avec la réalisatrice, elle expliquait que la seule vraie difficulté qu’elle a rencontrée dans le tournage de son film, c’est le financement. Au début, elle se faisait dire que de parler d’un parti inconnu n’avait pas d’intérêt. Une fois le parti connu, elle se faisait dire, par les possibles financeurs, que c’était trop risqué d’être associé à un parti politique. Ce fut donc très difficile de le financer. Travaillant déjà avec une équipe réduite, elle a parfois dû se débrouiller seule. Elle a également dû reprendre sa caméra une fois le film terminé pour y inclure les événements du printemps dernier qui ont mené aux élections de 2012.

Bravo à Lisa Sfriso qui offre un film honnête, qui n’est pas teinté par une volonté de vendre le parti. Au contraire, elle reste objective et montre ce qu’il y a de positif et de négatif tout au long de l’évolution du parti. Un beau film, qui permet de mieux connaitre un parti qui est de moins en moins perçu comme étant marginal.

Le film sera aussi disponible à Québec dès le 19 avril.

Note : 8/10

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