Maurice et Michael dans What we have

What we have – Souffrance et solitude

Maurice et Allan dans What we havePrésenté en première québécoise aux Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) le 24 février, What we have (Ce qu’on a) est le premier long métrage de Maxime Desmons. Le film est tourné en français et en anglais, à North Bay en Ontario. Le scénariste et réalisateur s’était notamment démarqué avec son court métrage Bonne mère.

Installé à North Bay depuis peu, Maurice Lesmers (Maxime Desmons), débarqué de France et hanté par son passé, peine à trouver son équilibre. Se satisfaisant mal des aventures sans lendemain, il est encore partagé entre l’attirance qu’il ressent pour Michael (Jean-Michel Le Gal), administrateur de la compagnie de théâtre francophone qu’il a jointe pour y jouer L’avare, et les sentiments complexes qu’il développe pour Allan (Alex Ozerov), un jeune adolescent renfermé et mal dans sa peau à qui il donne des cours de français.

Le film aborde les difficultés que peuvent rencontrer de jeunes hommes homosexuels : difficulté de savoir si l’on est bien homosexuel, de s’accepter et d’être accepté par les autres gens du même âge. On montre bien la cruauté dont peuvent faire preuve ces jeunes. Maurice se porte à la défense d’Allan et l’encourage à mots couverts à s’accepter tel qu’il est.

Sur son blogue, Maxime Desmons avait écrit en 2013 quelques mots sur l’origine de son scénario : « The origin comes from a place of anger that screams for love : A character out of a Munch painting encountering the solitude of an Edward Hopper diner at night. » Son inspiration trouve ainsi sa source dans les personnages souffrants des tableaux de Munch et ceux solitaires des peintures de Hopper. Cette souffrance et cette solitude habitent le personnage de Maurice.

La chanson thème du film, « Petit garçon menteur », interprétée par les membres de la troupe de théâtre (et que l’on entend dans la bande-annonce), est intéressante. Elle représente bien le personnage de Maurice qui se dévoile très peu aux gens qui l’entourent et semble vraiment prendre vie sur scène. Lorsqu’il incarne l’Avare dans la pièce éponyme, il s’exprime pleinement. Aussitôt sorti de scène, il reprend son air amorphe.

Maurice est profondément mélancolique. Pris au piège dans un passé trouble qui ressurgit à travers quelques images intercalées ces scènes m’apparaissent d’ailleurs parfois un peu accessoires –, il peine à sourire à ceux qui l’entourent et à accepter d’être aimé. Il faut dire qu’il a tout laissé derrière lui et qu’il débarque tout juste dans un nouveau pays. Le personnage change ainsi peu à peu en cours de route, tentant d’exorciser ses démons. Mais la fin du film tout de même m’a un peu dérangée…

What we have est un récit initiatique où l’acceptation de soi, l’amour et la rage se côtoient.

Note : 6,5/10

 

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