Vic + Flo ont vu un ours - afficheLe nouveau film de Denis Côté, Vic + Flo ont vu un ours, sort en salles le vendredi 6 septembre. Samedi dernier avait lieu la première nord-américaine du film au Centre Phi à Montréal, en présence du réalisateur. Avec ce film, Côté tente un nouveau rapport au monde, où il intègre davantage de dialogues. Vic (Pierrette Robitaille) est en liberté conditionnelle, sous la supervision de Guillaume (Marc-André Grondin). Elle trouve refuge dans la maison reculée d’un vieil oncle malade. Flo (Romane Bohringer), qui a aussi purgé une peine, y retrouve sa Victoria. La relation entre les deux femmes n’est pas des plus saines. Mais réussiront-elles à se libérer de leur passé ou celui-ci les rattrapera-t-il?

Le film aborde une thématique semblable à Curling (2010), mais à la différence du personnage principal de ce film, les deux femmes de Vic + Flo ont vu un ours choisissent de s’exclure de la société. On est loin du cinéma hollywoodien où les personnages expliquent tous leurs gestes par leur passé. On ne connaît presque rien du passé des femmes. On sait qu’elles ont fait de la prison, mais leurs crimes restent inconnus du spectateur. Cette absence d’explication est plutôt intéressante, mais peut-être pas à la portée de tous.

Il n’y a que peu d’images de transition entre les plans. L’image est très photographique. Le film a d’ailleurs été tourné en 35 mm. La fin de l’œuvre est plutôt surprenante. Le réalisateur disait à cet effet qu’il aurait pu s’en tenir à une fin qui relève de l’évidence, mais qu’il cherchait constamment à se laisser surprendre. Après le film, Côté racontait les différentes fins alternatives. Il recherchait une finale « cute ». Quant à la violence, il la voulait « élégante », mais ne souhaitait pas que le « méchant » explique la source de cette violence. Le film joue également avec l’onirisme. Certaines scènes sont plutôt irréalistes, mais le réalisateur l’assume totalement. Il recherche même cet aspect, notamment dans la scène d’ouverture où on voit deux garçons assis sur un banc. L’un d’eux joue de la trompette pour Vic. Ce banc, installé au milieu de nulle part, ne semble pas avoir d’ancrage dans la réalité.

Pierrette Robitaille nous offre une très bonne performance. Élie Castiel, rédacteur en chef de la revue Séquences, qui présentait le film à la première, qualifiait la comédienne de « vraie tragédienne ». Tous les personnages sont intéressants, tout particulièrement celui de Marina (Marie Brassard). À chaque apparition de celle-ci, on entend un jeu de percussions dont on ne connaît la signification que beaucoup plus tard.

Vic + Flo ont vu un ours est un film lent, très bien mené. Un voyage entre réalité et fantaisie.

Note : 8,5/10

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