Moonrise KingdomBruce Willis, Edward Norton, Bill Murray et Frances McDormand sont les vedettes de Moonrise Kingdom, le dernier film de Wes Anderson, une comédie complètement déjantée. Un jeune garçon et une jeune fille de 13 ans en ont assez de leur petite misère et décident de se sauver ensemble. Une équipe de recherche se forme pour les retrouver. Qu’arrivera-t-il lorsque les adultes voudront séparer ces jeunes amoureux? Moonrise Kingdom nous offrent une distribution incroyable. En plus des acteurs nommés ci-haut, s’ajoutent Tilda Swinton et John Schwartzman.

Wes Anderson propose un film étrange où les personnages sont projetés dans un monde surréel, où le kitch est à l’honneur. L’image est teintée d’un ton jaune (qui ne laisse aucun doute sur le fait que l’histoire se déroule en 1965) et les personnages sont habillés d’une façon qui ne les met pas vraiment en valeur, mais qui donne un effet superbe au film. L’ajout d’un Bruce Willis représentant un policier « looser » est aussi très amusant. Il est franchement plus intéressant dans ce genre de rôle qu’en John McClean (Die Hard). Les décors ont parfois l’air d’être faits en carton et, encore une fois, le résultat est très amusant. En fait, ce dernier opus d’Anderson est une sorte de parodie des films policiers. Les personnages sont, d’ailleurs, très caricaturés. Il utilise beaucoup l’ironie, surtout dans sa façon de valoriser les scouts.

Moonrise Kingdom nous présente deux histoires d’amour originales. Il y a celle entre les deux enfants et une moins importante entre la mère (McDormand ) de la jeune fille et le policier (Willis). Il est intéressant de voir comment le réalisateur traite l’histoire amoureuse des enfants. Il les montre non seulement main dans la main, mais aussi s’embrassant. Il ose même montrer le garçon qui caresse les seins de sa copine (je sais c’est scandaleux!), en montrant bien la naïveté de leur âge. Il est rare au cinéma américain que l’on montre la réalité sexuelle des jeunes de 13 ans.

Au niveau visuel, d’autres éléments particulièrement efficaces sont ajoutés. Un narrateur intervient à quelques occasions dans le film, toujours « mal » cadré (on voit à peine sa tête dans le bas de l’image). D’autres procédés tels que l’utilisation de longues-vues pour amener la distanciation de la jeune fille avec les autres personnes et la couleur jaunâtre de l’image contribuent à l’esthétique du film.

D’ailleurs, le film contient plusieurs invraisemblances (comme lorsque le garçon est frappé par l’éclair et n’a que le visage noirci), mais ces invraisemblances ajoutent une valeur au film, puisque celui-ci est monté comme une parodie du genre. D’ailleurs, l’histoire se déroule sur une petite île. Alors, comment ces enfants peuvent-ils réellement disparaître? D’ailleurs, les seules personnes semblant habiter l’île sont les membres de la famille de Suzy (la jeune fille).

On peut donc dire que Moonrise Kingdom est une parodie de film policier, mais surtout un film sur la découverte de l’amour. Un beau petit film, accessible à tous et franchement original.

Note : 8.5/10

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