
Jour 6! Je poursuis ma couverture de Pleins Écrans.
4 films de qualité sont au programme aujourd’hui.
Hypersensible est le parcours accidenté et surréaliste d’une jeune femme qui cherche à se reconstruire, à contre-courant d’une société prompte à refouler ses émotions. Un doux plaidoyer pour une humanité qui rappelle au passage qu’être sensible, c’est être vivant.

Avec Hypersensible, Martine Frossard offre une animation qui traite de la sensibilité intense que vivent certaines personnes.
Plutôt que de répéter simplement ce que mon collègue avait dit du film au printemps dernier, je vais vous inviter à lire son texte.
Une nuit froide de décembre. Après une succession de rencontres déroutantes, deux fillettes s’attachent aux dernières traces de magie d’un Noël à l’abandon.

Avec Les faux sapins, Justine Martin se penche sur l’aspect plus sombre et intérieur qui habite un enfant pour atteindre émotionnellement le spectateur par un langage universel : ce moment dans notre vie où la naïveté d’un moment magique cesse d’exister.
Grâce à un scénario où les dialogues vides n’existent pas et aux deux jeunes actrices solides, ce court métrage touche à ce monstre sacré qu’est la magie de Noël et le détruit partiellement. Au centre du récit, il y a cette grande question : qu’arrive-t-il lorsqu’on perd brutalement cette magie?
Le film commence tout en douceur, pour tranquillement s’assombrir et venir toucher le cœur du spectateur. Je ne peux pas en dire trop, car je ne voudrais surtout pas détruire l’expérience. Mais ce film est à voir. Par contre, gardez les enfants qui croient toujours à la magie de Noël à l’extérieur de ce visionnement…
Ti-Frè et Gran-Frè, deux frères d’origine haïtienne vivant dans un bidonville en République dominicaine, luttent chaque jour pour subsister. Une nuit de pleine lune, ils n’ont d’autre choix que de voler une plantation, où, dans l’ombre des bananiers, rôde une bête mystérieuse.

Avec Platanero, Juan Frank Hernandez propose un film rempli de mystère qui amène le spectateur dans un univers qui mélange dure réalité et mythologie caribéenne.
Platanero est, jusqu’à maintenant, ma surprise du festival. Le réalisateur installe son histoire en présentant la dure réalité des Haïtiens qui vivent illégalement en République dominicaine. Pauvreté, habitation de taule et violence sont la vie de tous les jours de ces deux frères. Le plus jeune va à l’école autant que possible, alors que le plus vieux travaille avec deux amis sur les plantations (lorsqu’ils sont choisis) ou trouve des endroits à cambrioler pour trouver de la nourriture.
Puis, Hernandez ajoute une part de mythologie alors que le quatuor est dans une plantation de bananes afin de voler de la nourriture. À ce moment, on passe du drame social au suspense d’horreur. Le changement de ton est réussi à merveille et le spectateur se retrouve au coeur d’une histoire terrifiante sans même s’en rendre compte.
Une œuvre à ne pas manquer.
Un père tente de sauver l’âme de sa fille, égarée dans les ténèbres.

Avec Uasheshkun, Normand Junior Thirnish-Pilot offre un film qui mélange les croyances autochtones avec la thématique de la perte afin d’offrir une vision de ce qu’on peut faire pour retrouver un être cher perdu.
Un lieu, deux personnages, une quête… Voici tout ce qu’il faut pour créer un film. Bien que Uasheshkun débute bien et offre de belles promesses, le court métrage manque de vie. Heureusement, la fin donne un petit quelque chose de gagnant.
Le résultat est un film aux belles promesses qui ne livre pas totalement la marchandise, mais qui donne de l’espoir quant aux œuvres futures du réalisateur.
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