
Ça y est, jour 9! C’est le dernier jour de la programmation régulière, avant la journée où on présente les films finalistes.
Ce dernier jour, soyons honnête, n’est pas à la hauteur de ce qu’on s’attend d’une journée de clôture. Un seul des 4 films vaut vraiment le coup. On regarde ça.
Pour soutenir sa mère au Mexique, Angel, un danseur nu, transforme le web en sa nouvelle scène.

Avec 0004NGEL, Eli Jean Tahchi offre un triste regard sur le travail du sexe dans un contexte où la personne qui travaille ne le fait pas par plaisir.
Ce documentaire aux allures de fiction montre un côté plus malsain de l’univers des travailleurs du sexe. Dans les dernières années, on a vu un plus grand nombre de films qui montrent ce monde de façon plus positive. Ici, on revient en arrière en montrant que certaines personnes, malgré que ce soit un choix, ne le font pas par plaisir, mais uniquement pour l’argent.
Dans le cas présent, on peut comprendre, puisque le personnage tente d’aider sa mère financièrement. Comme le film est un documentaire, il aurait été pertinent d’expliquer pourquoi il a fait ce choix. Est-ce qu’il est illégal? Est-ce qu’il a un permis de travail? Est-ce qu’il n’arrive pas à ce trouver un travail plus régulier? Parce que travailler dans le monde du sexe, c’est bien seulement si on le fait par désir et par plaisir. Sinon, comme ça semble être le cas ici, ça devient toxique.
Je disais que le film ressemble à une fiction. C’est probablement dû au fait que jamais 0004NGEL ne parle à la caméra, et jamais on ne voit un seul intervenant. Le résultat est un film respectable, mais qui aurait dû cruiser un peu plus l’histoire du personnage.
Une maison ancestrale se construit d’elle-même, s’anime et nous illustre sa vie longue de cent cinquante années. Au fil des époques, elle nous amène à percevoir le passage du temps.

Avec La petite ancêtre, Alexa Tremblay-Francoeur offre une animation toute simple, qui relate le passage du temps dans un Québec de région.
Cette petite vue animée représente assez bien ce qui s’est produit au Québec dans les 200 dernières années. On a détruit et fait disparaître une bonne partie de notre héritage au profit de la modernisation. Ici, c’est Chicoutimi. Mais on pourrait certainement faire le même film avec Sherbrooke, Gatineau ou Granby.
Le film nous rappelle que notre société — oui, celle qui se plaît des immigrants qui dissolvent notre culture — a choisi de détruire une grande partie de notre Histoire, notre patrimoine, notre culture, au nom du progrès. Mais est-ce qu’on ne s’est pas égaré dans tout ça? La question se pose.
Bien que La petite ancêtre ne soit pas un grand film, il est une jolie animation qui mérite totalement d’être vue.
40 ans après la disparition soudaine et mystérieuse d’un personnage énigmatique surnommé « Le Punk de Natashquan », une petite communauté québécoise isolée se remémore son passage foudroyant.

Avec Le Punk de Natashquan, Nicolas Lachapelle offre un documentaire qui m’amène à me questionner afin de savoir qu’est-ce qui est un bon choix de sujet pour un documentaire.
Je ne vois pas l’intérêt de faire un film sur un p’tit bum juste parce qu’il est disparu dans des circonstances à moitié nébuleuses. Il est parti en motoneige avec un autre gars et seulement l’autre gars revient. Pis le Punk devient une légende, un genre de héros local.
Quoi dire de plus sur le film? C’est tourné principalement en tête parlante, avec quelques images d’époque du fameux gars. Des vieux et quelques quarantenaires racontent à quel point il était cool pis que sa disparition est étrange. Voilà le résumé du film.
Franchement, on passe au suivant…
Le peu de conscience qu’il reste à Zoé tente désespérément de s’accrocher à des sentiments plus heureux.

Avec Zoé, Rémi St-Michel offre un film qui oscille entre drame et horreur, à la conception sonore efficace et saisissante.
Parfois on a l’impression que tout a été fait, que tout a été tenté. Puis, arrive un film comme Zoé.
L’histoire est intéressante. Pas totalement nouvelle, mais tout de même assez originale pour donner envie de plonger dans le film. Mais ce qui fait ressortir ce court métrage de la masse, c’est la conception sonore. D’un bout à l’autre, le film est dans une sonorité sourde, comme si on était dans un état nébuleux, un genre de coma. Le personnage est dans un état que l’on pourrait qualifier de « second », et plutôt que d’utiliser l’image légèrement floue comme on le voit si souvent, ou des instants de sons sourds, le réalisateur fait le pari de mettre son film complet dans ces sons. En accentuant les sons bas et en éliminant les aigües, le réalisateur réussit à plonger le spectateur dans un monde qui semble être complètement distant : celui du personnage.
Un film sublime qui sauve cette dernière journée qui, sans lui, aurait été particulièrement décevante.
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