![[Plein(s) Écran(s)] 2026 | Jour 5](https://lepetitseptieme.ca/wp-content/uploads/2026/01/Pleins-Ecrans-2026-Jour-5-Une.jpg)
En ce jour 5 de Pleins Écrans, nous avons droit à la carte de blanche de Vision du réel. Normalement, la carte blanche est un moment fort du festival. Mais cette année ce n’est pas le cas.
On se retrouve plutôt avec une journée 50/50, où deux films sont géniaux, et deux sont terribles. Je vous explique plus en détail.
Carte blanche
Au musée de l’Armée de Paris, il existe une aile dédiée à la campagne d’Égypte de Napoléon Bonaparte. Dans une lecture décoloniale aussi drôle que sérieuse, l’artiste égyptien Amir Youssef donne vie aux figurines de cet immense diorama, jusqu’à leur rencontre surréaliste avec le Sphinx de Gizeh.

Avec Apoléon, Amir Youssef offre une réinterprétation de la campagne d’Égypte.
Pour son film, le réalisateur a fait le choix de principalement utiliser des figurines afin de rejouer la campagne. D’ailleurs, Napoléon parle en arabe dans le film. Disons que je ne suis pas convaincu par les choix du réalisateur.
Quant à faire un film avec des figurines, il aurait pu choisir de faire un film en stop-motion. Le résultat aurait été plus intéressant. En choisissant de simplement montrer les figurines en position et de parler sans que rien ne bouge, il rend le film long et peu intéressant. On perd rapidement envie et le plaisir n’y est pas.
Nous sommes tous et toutes prisonniers et prisonnières d’une nationalité, d’une condition sociale, d’une couleur de peau, auxquelles la police et la répression d’État nous forcent à nous résigner. Ce film raconte comment souffrent les corps, sous les coups, la contrainte et l’humiliation.

Avec Contraindre, Fleuryfontaine offre une œuvre qui dénonce les abus policiers de façon différente, en utilisant la motion caption.
J’avais vu ce film une première fois en 2021 au FNC. Normalement, je n’aime pas revoir un même film plusieurs fois. Mais force est de constater que malgré les 4 années qui se sont écoulées, ce film reste d’actualité.
Sur des images qui semblent sorties d’un jeu vidéo, le duo Fleuryfontaine imagine la vie comme étant un genre de jeu vidéo, ou une pièce de théâtre dans laquelle on a tous eu un rôle qui nous a été attribué. Chaque rôle à sa propre réalité et il n’y a pas vraiment d’égalité. L’apparence du corps dictera les règles selon lesquelles tu joueras.
On aime dire que tous les humains naissent égaux. Contraindre nous rappelle que dans la réalité, c’est faux.
À voir!
À travers une métaphore visuelle ultra percutante, Camille Vigny livre, à la première personne, le récit des violences conjugales qu’elle a subies l’année de ses 18 ans. Un geste politique, bombé de courage, un cri glacé qui coupe le souffle.

Avec Crushed, Camille Vigny propose un récit percutant sur les violences physiques.
Pour illustrer son récit, elle utilise l’image des derbys de démolitions. En comparant les dégâts que reçoivent volontairement ces voitures lors des « rencontres », elle fait comprendre comment une relation qu’on a choisie peut s’avérer extrêmement destructrice, à un point où on semble en perdre le contrôle. L’image est frappante.
La narration est juste et les mots choisis sont marquants. La jeune femme ne se montre pas en simple victime. Elle choisit plutôt d’assumer son choix tout en laissant comprendre qu’elle est devenue une victime, jusqu’au jour où elle a décidé de ne plus l’être.
Un court métrage à voir pour comprendre comment une personne se retrouve dans une relation toxique et dangereuse.
La cinéaste Davina Maria et l’illustratrice Dominique Goblet partagent une fascination pour la plage d’Ostende. Composé de photographies et d’illustrations, le film entrelace subtilement leurs pratiques artistiques respectives.

Avec Souvenir d’une journée parfaite, Davina Maria offre un film poétique relatant une rencontre entre deux femmes.
Ce court métrage utilise des images souvent fixes, des photos ou des illustrations, pour illustrer la conversation qu’ont les deux femmes. En résulte un film quelque peu ennuyant. En fait, l’idée est bonne et ce n’est pas si mal. Mais 17 minutes à ce rythme, c’est trop long. Surtout que la conversation n’est pas particulièrement pertinente pour tous.
On a l’impression d’être avec une collègue qui rencontre, par hasard, une amie d’enfance avec qui elle se met à jaser du bon vieux temps. Au début, c’est amusant, mais on se retrouve rapidement avec le sentiment d’être de trop. Puis on perd intérêt. Voilà comment on se sent devant Souvenir d’une journée parfaite.
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