![[Plein(s) Écran(s)] 2026 | Jour 3](https://lepetitseptieme.ca/wp-content/uploads/2026/01/Pleins-Ecrans-jour-3-Une.jpg)
Je poursuis ma couverture de Pleins Écrans avec le jour 3.
Et ça commence avec un petit bijou de film familial.
Une bande de jeunes se regroupe pour disputer l’annuelle course de boîtes à savon sur la plus haute montagne du village, la montagne de la Mouerté!

Avec Boîte à savon, Jimmy Genest Pettigrew propose une comédie familiale dans laquelle il mélange les prises réelles avec des animations pour donner un film drôle, touchant et franchement original.
Voici un film à voir avec les enfants. Il n’y en a pas beaucoup à Plein(s) Écran(s), mais lorsqu’il y en a un, il en vaut la peine. Ici, la mise en scène est habile et originale. Les jeunes acteurs sont bons et réussissent à rendre crédible une histoire qui joue avec l’absurde pour créer des situations cocasses qui plairont aux enfants (et aux adultes).
Le réalisateur réussit à jouer avec des thèmes qui captent l’attention du jeune public. En choisissant une course de voitures construites de mains d’enfants, en y ajoutant un petit côté surnaturel, il met en place une formule gagnante. Puis, l’utilisation d’un style se rapprochant de la comédie d’horreur ravira les grands et donnera de légers frissons aux plus jeunes.
Le film ne se prive pas pour utiliser judicieusement les clichés comme la petite histoire d’amour entre deux enfants et le duo de méchants qui tourmentent le gentil garçon. Et une phrase qui pourrait être aussi mémorable que :
Un film magnifique tant au niveau technique que pour le plaisir qu’il apporte.
Montréal se voit complètement transformée en une société cyberpunk. Quand tout s’effondre, la nature reprend ses droits.

Avec Des gens vivent ici, Gabrielle Côté propose un film qui non seulement montre la transformation de la ville menant aux expropriations et aux campements, mais qui imagine ce qui arrive après.
Ce court métrage sans dialogues utilise un format rappelant le collage, mais avec des images tournées en prises réelles. Le résultat est surprenant, déstabilisant, mais intéressant. Je ne suis pas convaincu du choix de la réalisatrice quant à la fin du film. Cette vision me semble sortir un peu de nulle part. Le reste du film donnant l’impression d’une critique sociale, il est étrange de terminer sur ce qui ressemble plus à une science-fiction dystopique.
Cela étant dit, pour quiconque vit à Montréal et a vu la ville changer depuis 2020, cette œuvre crée un sentiment de tristesse. Comment se fait-il que nous en soyons rendus à préférer mettre des gens dans la rue pour construire encore plus d’appartements cossus, et non pas l’inverse?
Oui, le film de Gabrielle Côté pousse à la réflexion.
Les témoignages du comité de femmes Mashteuiatsh Puakuteu rythment ce court métrage intime portant sur le deuil et la guérison. Au fil des ateliers de confection de poupées, les femmes partagent leurs doutes, leurs espoirs et construisent un espace rempli de force et de solidarité.

Avec Ilnikueu, ce collectif offre des témoignages, sans grande originalité, sans réelle mise en scène. Un film comme on en a déjà vu des tonnes en provenance de Wapikoni.
Je sais, ces témoignages sont importants. On doit les entendre, et ils sont libérateurs. Mais je suis tanné qu’on nous les serve sans réellement prendre la peine de travailler la façon de les présenter. Oui, l’image des poupées que l’on confectionne pendant que ces femmes (probablement celles qui les fabriquent) nous racontent leurs peines sont représentative du message. Mais comme je l’ai déjà dit, si on veut que le message passe, il faut y ajouter un peu de décors, un petit quelque chose qui va rendre ça moins soporifique.
Malheureusement, Plein(s) écran(s) fait encore le choix de planter une œuvre autochtone là, sans vraiment se questionner à savoir si la qualité y est. On s’en fout, il faut en présenter 1 ou 2 pour être au goût du jour…
Moi, je ne suis plus capable de ça. Surtout lorsqu’il y a des films de qualités qui auraient pu être présentés à la place de celui-ci. C’est désolant.
Dans le nord d’une Syrie ravagée par la guerre, Mahmood, une figure importante de l’univers post-apocalyptique des raffineries de pétrole improvisées, doit naviguer à travers des conditions de travail difficiles et des dynamiques locales complexes.

Avec Who loves the sun, Arshia Shakiba propose un documentaire qui ne donne aucune réponse, mais qui de toute façon ne pose pas vraiment de questions non plus.
Ce qui frappe lorsqu’on regarde ce documentaire, c’est qu’on a l’impression que le réalisateur fait l’apologie du pétrole. Comme s’il voulait nous montrer à quel point Mahmood est un héros, car il continue d’extraire du pétrole et de le raffiner. Compte tenu de l’état de la Syrie, un documentaire qui montre comment les gens arrivent à se nourrir ou à se loger serait beaucoup plus pertinent qu’un film qui montre comment les habitants peuvent mettre de l’essence dans leur foutue moto.
D’ailleurs, le film se place en simple observateur, montrant comment on ramasse et produit l’or noir sans expliquer quoi que ce soit. On en ressort sans réellement avoir appris quelque chose, et tout en ayant un peu l’impression d’avoir perdu notre temps.
On passe au suivant.
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