
« Quand les infectés attaquent… Que voient-ils? »

Le récit commence directement après la rencontre de Spike (Alfie Williams) et du groupe des Jimmy, mené par le dérangeant Sir Lord Jimmy Crystal (Jack O’Connell). Sachant qu’il a plus de chance de survivre avec le groupe, Spike n’a d’autre choix que de se plier à leurs exigences, même si ces dernières s’avèrent meurtrières. De son côté, le docteur Ian Kelson (Ralph Fiennes) parvient à créer un lien avec un infecté alpha, qu’il a surnommé Samson (Chi Lewis-Parry). Probablement par déformation professionnelle, le docteur commence à voir Samson comme un patient au fil de leur rencontre. Mais ce faisant, Ian Kelson pourrait être celui qui détiendrait les réponses pour guérir les infectés.
Nia DaCosta assure la réalisation de ce 4e opus de la série de « zombies » crée par Danny Boyle. Ce dernier continue d’assurer la continuité de sa saga en restant producteur et Alex Garland reste comme scénariste, ce qui assure une continuité au niveau du récit et de ses thématiques. Ne cherchant pas à reproduire un film « à la Danny Boyle », Nia DaCosta adapte le récit à sa sauce. Contrairement à son prédécesseur, sa direction et sa caméra sont plus classiques, tout en restant efficaces.
L’histoire effectue plusieurs allers-retours entre les deux intrigues principales, soit celle avec le Docteur Kelson et celle avec la bande des Jimmys, mais le récit est fluide. Le changement d’intrigue permet aussi certains moments de répit, lors de scènes plus intenses.

Le gros changement de cet opus est que l’on s’attarde davantage sur les infectés. La réalisatrice nous offre leur point de vue, nous permettant ainsi de mieux les comprendre et de les humaniser. Ce parti pris, bien que peu commun dans les films de ce genre, reste raccord avec la continuité de la série, car dès le premier film Danny Boyle a toujours précisé que ce n’était pas des zombies qu’il y avait dans son histoire, mais bien des infectés. Cet opus embrasse vraiment ce terme et il apparaît donc tout à fait normal que le docteur Kelson espère pouvoir traiter les maux qui affligent les créatures.
Le film reste fidèle également à son autre thématique qui lie également chaque opus de la série, soit les monstres qui nous ressemblent. Le temple des morts nous offre, avec le groupe des Jimmys, des jeunes gens monstrueux, prêts à faire les pires atrocités pour satisfaire leur chef. Si DaCosta s’éloigne de la tension qu’on retrouvait dans les anciens films, elle n’hésite pas à nous montrer une horreur sanglante et viscérale de manière très frontale.
Dans plusieurs entrevues, Nia DaCosta explique que pour elle, Le temple des morts parle de la nature du mal. Et bien que cet aspect englobe bien le récit, pour moi, le film est davantage une opposition entre la science et la religion.

C’est une thématique qui a été utilisée plusieurs fois et qui pourrait être redondante, mais dans ce film, la manière de représenter la science est rafraîchissante. Habituellement, nous voyons la science comme quelque chose de froid, rationnel et dénué de sentiment. Cependant, avec le docteur Kelson, c’est tout le contraire. Je l’avais dit lors de la critique de 28 ans plus tard, mais le personnage interprété par Ralph Fiennes est la meilleure chose qui soit arrivée à cette saga. Son humanité nous rappelle que nous sommes capables du meilleur et que la compassion est également un moteur de la science.
Face à lui se trouve Jimmy Crystal, le chef du groupe (culte) des Jimmy. Insensible et sadique, il est convaincu d’être le fils d’une puissance supérieure qu’il entend dans sa tête et qui le guide dans ses actes répréhensibles. Sa quête d’offrir la « charité » aux damnés restants n’a rien de magnanime, mais c’est une tâche dont ses disciples s’adonnent sans se questionner, heureux d’avoir trouvé un but et un sens à cette catastrophe qu’ils subissent.

Lors d’une entrevue avec IndieWire, Danny Boyle expliquait la vision de Nia DaCosta sur la nouvelle trilogie :
« ”What do you think it’s about?,” Boyle called. “It won’t necessarily end up being about this because films change, but I said, ‘What do you think it’s about?’ And she said, ‘Well, I think the first one is about the nature of family. The second one’s about the nature of evil. And the third one is about the nature of redemption.” » [Tu penses que c’est à propos de quoi, demande Boyle. Cela ne veut pas dire que ça sera nécessairement ça, car les films changent, mais je lui ai demandé ce qu’elle pensait? Et elle m’a répondu: ‘Et bien, je pense que le premier est à propos de la nature de la famille. Le deuxième est à propos de la nature du mal. Et le troisième est à propos de la nature de la rédemption.]
Avec la finale que nous a offert 28 ans plus tard: Le temple des morts, il y a de quoi être curieux sur la rédemption que vivront nos personnages. Si l’on peut sauver les monstres, pouvons-nous également leur pardonner?
Bande-annonce
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