Facteur A - Une

Facteur A — Rien à voir avec la génération Alpha

« Est-ce que tu peux nommer les différences entre toi et moi? »

Dans la série documentaire Facteur A, des personnalités sont questionnées par un groupe de 25 personnes autistes âgées de 16 à 66 ans. Fred Pellerin, Roxane Bruneau, Claude Legault, Suzanne Clément, Patrick Huard et Marina Orsini participent à cet échange atypique ponctué de révélations inédites. 

Une rentré pas comme les autres

Janvier 2026, Radio-Canada commence l’année avec un projet que l’on n’a pas souvent vu ici. Le concept est simple : un groupe de personnes autistes passeront quelques vedettes (connues de préférence) en entrevue. Le tout se déroule dans le hall principal, ou atrium, de la station (à R-C, iels disent ‘’Maison’’… allez savoir). Il ne faut pas être gêné, car toutes les questions sont permises. La convivialité fait vite place à la camaraderie puisque tout un chacun est amené à constater que lorsque nous prenons le temps de gratter la surface, nous ne sommes pas si différents après tout. Attachez votre tuque avec de la broche parce que tout peut arriver, mais dans un spectre un peu plus à la Claire Lamarche qu’à la Jerry Springer. Il n’y a rien de mal à vouloir apprécier un peu de rires et de douceur, surtout quand tout semble mal aller.

Facteur A - Une rentrée pas comme les autres
Crédit photo : karine dufour

Il n’y a pas à dire, la station essaie par tous les moyens de rester en onde, et pour ça elle n’a plus le choix, elle devra faire ce qu’elle n’a jamais osé faire avant : tenter de se renouveler en sortant des sentiers battus. C’est avec beaucoup de joie qu’à la fin de l’année 2025 Radio-Canada avait annoncé un plan béton pour retrouver le bonheur des premières années de mariage lorsque le public était encore fidèle au rendez-vous. C’est évident qu’une décision prise par un comité exécutif qui veut faire de l’argent n’a pas vraiment la parure d’une qui soit humaniste. Malgré tout, à cheval donné, on ne regarde pas la bride, dit-on. Et pourquoi ne pourraient-iels pas être sincères pour une fois?

C’est vrai quoi? Avez-vous déjà pensé au fait que ce qui rend l’autre différent c’est notre propre regard? Je m’explique : si on ne connaît pas quelqu’un ou quelque chose et qu’on prête une intention à cette dernière, alors on prive ladite chose ou personne de sa propre subjectivité. C’est ainsi que l’on crée une ou plusieurs différences avec un être ou un objet extérieur avant même d’avoir tenté de rechercher nos ressemblances. Nous sommes nés de la poussière et nous y retournons tous une fois qu’est atteinte notre date de péremption. C’est peut-être très philosophique pour pas grand-chose ou même trop, mais c’est un de mes mécanismes pour continuer d’avancer même quand tout semble mal se passer. J’essaie de voir comment ça peut s’améliorer, parce que c’est facile de voir comment ça pourrait mal se passer avec un rien, trop facile même. 

L’envers du décor

Vous savez, moi je suis pour la paix dans le monde; non sérieusement, je vous le jure. Je suis d’avis que les ressources devraient être distribuées de façon à ce qu’au moins tout un chacun puisse jouir d’une existence où ses besoins de bases — comme la nourriture, l’eau et un logis tout simple — soient comblés. Le capitalisme c’est bien, mais contrairement à ce que l’histoire tente de nous faire croire, ça fait longtemps que ça existe et que ça nous pourrit la vie. Je trouve ça toujours étrange la manière dont les fonds du gouvernement sont distribués à travers les différentes sphères ministérielles et tout le processus qui s’ensuit. Je veux dire j’aime tout le monde moi, alors pourquoi ce groupe-là en particulier?

Facteur a - Suzanne Clement - credit karine dufour
Suzanne Clement | Crédit photo : karine dufour

Soyons sincères un instant et remettons les pendules à l’heure. La dernière fois que j’ai vraiment entendu parler de l’autisme, c’était dans une polémique créée par des médias qui confondaient plein de trucs différents sur la recherche génétique. Bref, une bavure grossière qui mélangeait les autistes et les trisomiques, la grosse affaire et comme de fait on ne trouve plus rien là-dessus. Premièrement, l’autisme est large comme diagnostic; pas pour rien qu’on dit un spectre de l’autisme (non, on parle pas de fantômes, mais d’un cercle chromatique), il n’y a pas qu’un seul symptôme clair. En plus, ça vient toujours avec son lot de petits problèmes adjacents qui sont souvent bien plus problématiques que l’autisme lui-même. Maintenant, TSA est sur toutes les lèvres au même titre que toutes les nouvelles abréviations pullulantes qui pestifèrent dans le vocabulaire courant (j’ai pas envie qu’on se mette tous à parler en lettre #JAPEQOSMTÀPEL) . 

Je suis pour le… l’inclusivité, peu importe ce que ça veut dire. Je suis aussi d’accord qu’une entreprise ou une société d’État doit savoir réfléchir en « hommes d’affaires » pour continuer de prospérer (surtout dans le modèle économique actuel). Je comprends que plus d’abonnés c’est bon pour les bilans trimestriels et qu’il faut faire de l’argent pour faire plus de poudre pour travailler plus pour faire plus d’argent. Les Vulgaires Machins avaient de toute évidence mal compris le principe, eux. La question que je me pose est malheureusement encore et toujours la même depuis que j’ai foulé le sol de mes pieds; « selon la conjoncture actuelle, croyez-vous qu’il est sage de continuer de nier le problème croissant de la pauvreté? ». Être pauvre ce n’est pas une maladie et ce n’est pas génétique, même si on veut souvent oublier la dernière partie (on aime ça les héritages hein ma gang de bananes vous autres), néanmoins on peut tous le devenir du jour au lendemain. Ça ne vous déclenche pas une petite dose d’empathie, ça ne vient pas éveiller votre sentiment d’injustice que l’on nomme péjorativement colère?

La réalité en face

La vérité c’est que la vraie maladie est sociale, et elle ne porte aucun visage ou ne prend aucun corps en particulier, tel le Mal dans les grands livres. Ce qui est vil peut revêtir tous les habits, même celui d’un être cher. Je n’incite pas à la méfiance, mais plutôt à apprendre à ouvrir les yeux autrement, parce que ce mal, ça peut même être soi. Ce n’est pas demain la veille que l’on va faire des émissions où nous permettrons à des gens de la rue de se sentir valorisés. Je veux dire, vous ne trouvez pas ça horrible que des gens soient laissés à eux-mêmes à errer sur le boulevard René-Lévesque (pour ne nommer qu’un endroit sur les 1001 qui n’ont rien d’un conte de fées)? 

Malgré tout, Facteur A est une belle série documentaire réalisée par Catherine Proulx pour Avanti-Toast qui met en valeur des gens qui méritent qu’on les écoute. Pourquoi avoir attendu que s’en aille Serge Fiori pour commencer à le comprendre ? L’opportunité est là mesdames et messieurs alors profitez de la série qui passera les samedi 20h à partir du 10 janvier et qui pourra aussi s’écouter en format OHdio à 21h.

Facteur a - Patrick Huard - credit Karine Dufour
Patrick Huard | Crédit photo : Karine Dufour

Bonne année 2026, déjà un quart de siècle de terminé!

Enregistré dans l’atrium de la Maison de Radio-Canada, Facteur A est une adaptation du format de la chaîne France 2 Les rencontres du Papotin, qui connaît un succès en France depuis 2022 et à l’international.

Participants : Gabriel (Elvis) Alem, Nicolas (Nico) B. Manzi, Raphaël Barcelo, Lovy Baril, Nicolas Beauregard, Marie-Soleil Bibeau, Alexandre Boucher, Jessica (Jess) Bragdon, Simon Champigny, Carl-Étienne Corbeil-Fiset, Luka Cruz Guerrero, Philippe David, Sébastien Duff, Michaël Favron, Vitaliy Frin, Babette Goossens, Léonard Goulet-Roy, Stéphanie Hamel, Gabriel Hervieux, Georges Huard, Jonathan Labelle, Gabriel (Gab) Laberge, Marc-André Langlais, Karl Larin, Mathieu Lemire, Sophie Martin, Elias Martinez Cree, Samuel Ménard, Kevin Renaud, Gabrielle Richard, Julien Robin, Léa Robitaille, Félix Rousseau, Jessica Tranchemontagne.*

Bande-annonce  

Fiche technique

Titre original
Facteur A
Durée
44 minutes
Année
2026
Pays
Québec (Canada)
Réalisateur
Catherine Proulx
Note
7 /10

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Fiche technique

Titre original
Facteur A
Durée
44 minutes
Année
2026
Pays
Québec (Canada)
Réalisateur
Catherine Proulx
Note
7 /10

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