Rosemead - Une

Rosemead – Peut-on mal aimer?

Mon cœur, peu importe ce qui se passe, maman va toujours t’aimer.

Rosemead - Affiche

Irene (Lucy Liu) est une mère veuve d’un adolescent de 17 ans, Joe (Lawrence Shou). À la suite du décès de son mari, sa vie est devenue difficile. Elle cumule deux emplois, elle suit un traitement expérimental pour son cancer et son fils est schizophrène. Bien que Joe soit médicamenté et fréquente un psychologue, ses épisodes psychotiques désemparent Irene. Son désarroi s’intensifie lorsqu’elle remarque que Joe a une fascination pour les tueries de masses et les armes. 

De plus, lorsqu’elle réalise que lors des 18 ans de Joe, ce dernier deviendra un adulte et que sa responsabilité parentale deviendra limitée, Irene prend peur et craint que son fils devienne un danger envers les autres et lui-même.

Inspiré d’une histoire vraie

Il y a toujours un petit malaise avec les films qui sont inspirés de faits réels, surtout si les événements sont récents. Car un scénariste peut décider de changer certaines choses pour rendre son récit plus cinématographique, et cela peut avoir un impact sur les gens concernés par l’histoire ou peut offenser leurs proches.

Un excellent exemple de ce genre est le film Titanic (James Cameron, 1997), qui ternit la mémoire du second officier du navire, Will Murdoch, en le représentant comme une personne paniquée et instable qui a tué des innocents tentant de monter sur les bateaux de sauvetage. Sa famille a été outrée par son traitement dans le film, car plusieurs témoignages démontrent qu’il a sauvé la vie de nombreuses personnes avant de périr dans le naufrage. 

Cela ne veut pas dire qu’on ne devrait pas s’inspirer d’histoires vraies. Il y a simplement une responsabilité à démontrer envers ceux que le film dépeint (surtout s’ils ne sont plus là pour se défendre) et également envers les proches qui ont connu et aimé ces gens. Car avant d’être des personnages, ce sont des personnes, avec toute la complexité que cela implique. 

Eric Lin - Rosemead
Eric Lin sur le plateau

La tâche aurait pu être difficile pour Eric Lin, qui réalise ici son premier long-métrage. Heureusement, il démontre avec Rosemead une grande compassion et sensibilité pour cette histoire délicate. 

Une statuette pour Lucy Liu

Lucy Liu est une de mes actrices fétiches. Elle parvient à se fondre dans chacun de ses rôles et à se les approprier complètement. Ce film ne fait pas exception, mais elle élève sa performance à un autre niveau. Elle joue le rôle d’une mère, tout ce qu’il y a de plus normal, et pourtant, elle est inoubliable. Sa performance est forte, malgré sa simplicité. Je ne serais pas surprise qu’elle soit nominée aux Oscars en tant que meilleure actrice dans un rôle principal de l’année 2025. 

Face à elle, le jeune Lawrence Shou s’en tire avec brio. Il parvient à nous faire ressentir ce qui se passe dans la tête de Joe, tout comme la réalisation immersive d’Eric Lin. 

Joker activé

Si vous avez lu mon top 5 de l’année 2025, vous savez que j’avais inscrit que Rosemead était un de mes « Jokers » de fin d’année, soit les films qui auraient pu se tailler une place dans le classement. Je vous confirme que c’est effectivement le cas. Si j’avais pu voir ce film avant la publication de l’article, Rosemead aurait été dans le top. 

Je vous encourage à voir ce film qui, malgré son sujet difficile, est un tour de force pour Lucy Liu et un premier film prometteur pour Eric Lin. Et je vous encourage aussi de lire l’article du LA Times écrit par Frank Shyong, car il aborde les enjeux de santé mentale au sein de la communauté asiatique aux États-Unis et donne plus de contexte au récit. 

Bande-annonce  

Révision linguistique par Mathieu Giroux.

Fiche technique

Titre original
Rosemead (柔似蜜)
Durée
97 minutes
Année
2025
Pays
États-Unis
Réalisateur
Eric Lin
Scénario
Marilyn Fu
Note
8.5 /10

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Fiche technique

Titre original
Rosemead (柔似蜜)
Durée
97 minutes
Année
2025
Pays
États-Unis
Réalisateur
Eric Lin
Scénario
Marilyn Fu
Note
8.5 /10

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