« Pornography represents the most horrible thing on earth. »
[La pornographie représente la chose la plus horrible sur terre.]
Une actrice se retrouve piégée par un algorithme qui détourne des extraits de ses films pour les diffuser sur des sites X. Après des mois sans aide de personne, elle décide de reprendre le contrôle de sa propre histoire, en utilisant son imagination pour guérir et se réapproprier son identité.
Avec Consentir à, Agathe Feoux propose un film avec un thème au potentiel énorme et au résultat incroyablement décevant.
Je sais ce que vous pensez. Consentir à pose une question, amène une thématique forte et donc, ce film a tout pour être fort. Mais les faibles choix d’images et les liens douteux que fait la réalisatrice font que le message est complètement détruit en route.
Plutôt que de se pencher sur un réel problème qui apparaît – celui de l’utilisation de fausses images pornographiques –, elle se plaint contre quelque chose qu’elle n’assume pas. En 2012, elle joue dans un film dans lequel elle montre ses seins. Une dizaine d’années plus tard, elle n’assume plus son choix et se bat pour que Google bloque les recherches menant à ces extraits de film.
Je suis d’accord que de prendre les images des films et de les mettre sur un site avec toutes les images de nudités de films non-pornographique est un manque d’éthique. Mais c’est légal. De plus, le film est disponible, on peut le regarder facilement ou se le procurer sans trop d’effort. Donc, bien que je sois en accord avec la cause, à la base, j’ai plutôt tendance à avoir l’impression qu’on fait affaire à un manque de capacité d’assumer ses choix passés.
Mais si ce n’était que ça, je ne dirais pas que le film est mauvais, mais simplement que je n’adhère pas aux valeurs qu’il colporte. Mais ce n’est évidemment pas tout…
Tout d’abord, lorsqu’on regarde et analyse ce film, on a surtout l’impression qu’il s’agit d’une femme frustrée qui fait un film pour se plaindre contre un peut tout et n’importe qui. Le message ne passe pas. Non, on n’a pas l’impression qu’elle dénonce un problème de société. Elle ne fait que se plaindre de quelque chose qui n’a pas tant d’importance, surtout que ça découle d’un choix qu’elle a elle-même fait en 2011. N’importe qui qui joue dans un film, depuis le début des années 2010, sait pertinemment que les images vont rester et qu’elles risquent de se retrouver sur internet. On peut ne pas être d’accord. Et de faire un film sur cette notion fait plein de sens, si l’objectif est d’amener une prise de conscience ou de faire changer les choses. Ce qui n’est pas le cas ici.
Il y a la façon de traiter le sujet aussi qui n’amène rien de pertinent et qui amène aussi le spectateur à avoir l’impression de regarder une séance de chialage plutôt qu’un documentaire pertinent.
Tout d’abord, elle dit qu’« on utilise mon nom pour du contenu qui n’a rien à voir avec moi. » Soyons honnêtes ici. Le contenu a à voir avec elle. Et je répète. Je suis d’accord que ces images ne devraient pas se retrouver là sans son consentement. Mais fondamentalement, en tournant dans un film, elle abandonne ses droits à l’image. Ces images appartiennent aux producteurs. Ce qui nous amène au discours un peu faux qui passe dans le film.
Elle s’attaque juste aux mauvaises entités et donne l’impression que c’est ce que nous devrions tous faire. En s’attaquant à Google pour qu’il ne répertorie pas ces images, elle fait fausse route et déplace le problème. Ce sont les propriétaires des sites web ou les producteurs du film qu’elle doit contacter et attaquer.
Mais le plus grand problème de ce film, ce sont les images et les comparaisons qu’elle propose. Elle va jusqu’à se comparer à Vénus en disant qu’elle-même n’est que pureté. Ayoye. Puis, les références à l’Église et à la religion catholique affaiblissent aussi grandement son propos. A-t-elle vécu une conversion ou une soudaine apparition d’une foi extrême? Est-ce pour cette raison que soudainement les 4 courtes vidéos de ses seins lui semblent tellement terribles? Les images d’elles qui donnent fortement l’impression qu’elle se compare à Marie sont tout aussi problématiques. Est-ce un film dogmatique? La question se pose.
Je veux terminer en revenant sur la citation que j’ai mise en exergue. Sans vouloir valoriser la pornographie, est-ce qu’on peut vraiment croire en une femme qui dit que la pornographie est la pire des horreurs en ce bas monde? Vraiment, la pire? J’imagine que c’est pire que les viols d’enfants, les bombardements sur des gens innocents ou encore sur les attentats comme ceux de Charlie Hebdo?
Allez fille, prends ton gaz égal et assume ton passé. Comme le dit son psy, elle a le pouvoir d’accepter et de ne pas s’en soucier si elle désire vraiment être en paix.
Consentir à est présenté au Festival International du Film sur l’Art, les 13 et 14 mars 2025.
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