Les deux soeurs viennent d'entendre un bruit étrange, dans Banshee

Les courts métrages à Fantasia – Première partie

Ainsi commence notre toute première couverture du Fantasia Film Festival…

Je me plais de plus en plus à visionner des courts métrages. Et Fantasia en présente une incroyable sélection, soit plus de 200 courts métrages de genre. Voici une sélection de films québécois, qui m’ont paru intéressants pour différentes raisons.

The Babysitter de Frédéric Chalté

The BabysitterNathalie s’en va seule dans la campagne ontarienne pour garder une petite fille. Durant la soirée, elles louent un film au club vidéo du coin. Le commis leur remet une mystérieuse cassette vidéo supplémentaire. C’est lorsqu’elles rentrent à la maison pour regarder cette étrange VHS que la nuit tourne au cauchemar. (Canada/Québec, 18 min., anglais)

Quand le film a commencé, j’ai vraiment douté qu’il s’agissait d’un film de 2016. On est plongé dans les années 1980 à fond. Quelques interférences dans l’image donnent à croire qu’on visionne un film sur VHS – ce qui sert tout à fait le propos – et le générique fait très old fashion jusqu’au choix de la police de caractères. C’est très réussi à ce niveau. Et ce qui ne gâche rien, l’histoire est plutôt bonne. Je n’avais pas vu venir le punch, qui n’est pas dépourvu de fantaisie. À l’image du festival…

La famille où se rend la babysitter est pour le moins singulière. Je n’aurais pas aimé aller garder dans un lieu aussi isolé.

Une bonne comédie d’horreur, un film étudiant réussi!

Banshee d’Adam O’Brien

Affiche de BansheeAlors qu’elle était sous la supervision de sa grande sœur, Olivia s’est perdue dans les bois pendant la nuit. Quand elle est revenue, elle n’était pas seule. (Québec, 14 min., anglais)

Un film d’horreur vraiment efficace par la musique et l’atmosphère. Après sa nuit dans la forêt, Olivia était certaine de ne pas être revenue seule. Mais cela pouvait être le fruit de son imagination, du moins sa grande sœur essayait de l’en convaincre. Mais les dessins de la fillette tentaient de faire ressortir une vérité qu’elle ne parvenait pas à se rappeler… jusqu’à ce soir-là.

Je ne regarderai pas mon garde-robe de la même manière ce soir en allant au lit…

Donkey de Sangchul Lee et Marc Wiltshire

DonkeyUne femme en deuil fera tout ce qu’il faut pour protéger ceux qu’elle aime, même si cela signifie de se sacrifier le long du chemin. (Québec, 3 min., sans paroles)

Ce film est d’une grande simplicité, très épuré. On suggère plus qu’on ne dévoile. On laisse beaucoup de place à l’imagination du spectateur. Et ça, c’est efficace. Des autocollants dans la vitre de la salle de bain suggèrent la présence d’un enfant, du moins qu’un enfant y était. Une voiture-jouet rouge, la tristesse et le vide dans le regard d’une femme, une cuisinière et un sac de toile. Tout y est!

Un hymne à la douleur…

Gone d’Alexandre Da Sylva

GoneGabrielle roule entre deux forêts. S’arrêtant subitement, elle s’enfonce dans un labyrinthe d’arbres, appelée par cet irrépressible besoin de retrouver sa fille. Encore une fois. Comment s’en sortir sans s’y perdre davantage? (Québec, 9 min., anglais)

Nos sens peuvent parfois nous jouer des tours, quand les émotions sont trop fortes, quand le souvenir est trop douloureux. On plonge à l’intérieur de nous-même, comme dans un labyrinthe, en quête de ce qui nous manque. Ici, Gabrielle erre non seulement dans son labyrinthe intérieur, mais aussi au cœur d’un labyrinthe d’arbres avec l’espoir insensé d’y retrouver celle qui lui manque tant.

Un drame bien fait, quoique le dernier plan m’a un peu dérangée…

J’ai enlevé Xavier Dolan de Stephane Belugou et Kamran Chahkar

J'ai enlevé Xavier DolanSous l’influence de la drogue, deux jeunes acteurs désespérés de jouer dans un film de Xavier Dolan projettent de le kidnapper pour lui offrir leurs services. (Québec, 6 min., français)

J’aime beaucoup les films de Xavier Dolan. J’ai donc été intriguée par ce court métrage.

Kidnapper un réalisateur connu pour jouer dans son prochain film, est-ce que ça sonne comme une bonne idée? Pourtant, c’est le plan que deux jeunes acteurs mettent en pratique. Tout ce qu’ils veulent c’est avoir leur chance au grand écran avec un réalisateur qui fait de super beaux ralentis. Le film s’achève d’ailleurs sur un ralenti.

Et quand on raconte une histoire, il ne faut pas négliger les onomatopées. C’est important d’être juste : Boom! quand on assomme quelqu’un et Bing! quand on le tire. Ça peut paraître un détail, et pourtant…

Monster Under the Bed de Moises Velasquez

Monster under the bedUne histoire terrifiante avant d’aller se coucher, racontée en rimes par le murmure d’une petite fille effrayée. Un monstre affamé vit sous son lit. Elle doit trouver un moyen d’apaiser la créature mais quelque chose d’encore plus alarmant risque d’arriver. (Québec, 3 min., anglais)

Quel enfant n’a pas craint les montres sous son lit? Le mien vivait au bout du corridor, la porte voisine de ma chambre, et il me terrifiait. La narration est ici très efficace. Une fillette qui murmure ses craintes, en rimes, ça nous ramène à nos propres peurs d’enfant. Ça m’a fait penser à l’excellent film The Babadook. Seul petit bémol ici, mieux aurait valu ne rien voir du monstre.

Il est préférable de ne pas l’écouter juste avant de se mettre au lit…

Natsuko d’Alexandre Lusignan

NatsukoIl était une fois une jeune femme qui s’aventurait dans le bois. Adaptation libre du petit chaperon rouge. (Québec, 2 min., sans paroles)

Le petit chaperon rouge n’a rien de juvénile ici. La jeune femme se rapproche plus de Uma Thurman dans les films Kill Bill. Et elle ne rencontre pas qu’un seul loup. C’est une horde de bêtes aux griffes et aux crocs acérés qui la menacent (et qui ressembleraient d’ailleurs plus à la Bête dans La Belle et la Bête qu’aux loups dans la forêt). On revisite ainsi les contes de fées avec une facture japonaise. Les jeunes hommes seront certainement ravis par cette adaptation.

Sans peur, l’œil brillant de détermination, Le petit chaperon rouge affronte les bêtes, armée de son cimeterre. Une animation sanglante, déconseillée aux enfants.

The White Eyes de Jeremy Rubier

The white eyesUne femme au foyer japonaise demande à son mari de lui acheter une pomme de terre. (Japon/Canada/Québec, 9 min., sans paroles)

Si vous plantez une pomme de terre, que vous l’arrosez, que va-t-il en résulter? Dans ce film, Rubier nous conduit dans un chemin des plus inattendus. La femme au foyer serait à l’image des mantes religieuses. Elle ne dévore pas ses partenaires, mais elle leur réserve un sort étonnant. C’est fou ce que l’on peut faire pour satisfaire ses désirs sexuels.

Un film déroutant, mais amusant par son étrangeté.

Quels courts métrages avez-vous vus ou irez-vous voir?

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