Birdman

Birdman – Toucher le fond

Affiche de BirdmanÀ l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson (Michael Keaton) était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego… S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir…

Birdman or (the Unexpected Virtue of Ignorance) d’Alejandro G. Iñárritu a reçu quatre Oscars en 2015 : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleure photographie. Ça faisait déjà un moment que je voulais voir ce film.

Dans le film, au prestigieux St. James Theater de New York, Riggan tente d’adapter la nouvelle « Parlez-moi d’amour » de Raymond Carver. Cette quête d’amour et de reconnaissance dont il est question dans la nouvelle est à l’image de celle que poursuit Riggan.

À différents moments, Riggan entend une voix : son ego – sous les traits de son ancien personnage Birdman – s’adresse à lui. Cette voix le juge assez sévèrement et lui remet sur le nez ses échecs. Le choix de l’acteur qui incarne Riggan n’est pas innocent. Michael Keaton a personnifié l’un des premiers super-héros : le Batman de Tim Burton. Le personnage de Birdman fait ainsi écho à l’expérience personnelle de Keaton, et insuffle encore plus de réalisme à l’histoire.

Riggan cherche désespérément à revenir sous les feux de la rampe. Sa fille (Emma Stone) essaie de lui expliquer que s’il veut être à nouveau célèbre, il se doit d’être présent sur les médias sociaux. C’est en même temps un clin d’œil à l’instantanéité de notre époque qui crée beaucoup de feux de paille. Riggan refuse de jouer ce jeu.

Riggan et Mike dans Birdman

Ce film se démarque par sa technique. Il est filmé comme un seul long plan-séquence (avec une seule coupure). Naomi Watts, qui incarne Lesley, l’une des actrices que Riggan dirige, explique la difficulté que cela a représentée pour les acteurs : « [Birdman] a été construit pour donner l’impression d’être un seul et même long plan; chaque plan-séquence que nous avons tourné est interprété par plusieurs acteurs qui se déplacent d’un lieu à l’autre et représente 15 pages de dialogue… » Tout le monde doit être au sommet de son art, très concentré, parce qu’il n’y a que peu de coupures. Mais le résultat est vraiment génial.

On semble en ce sens plus près du travail théâtral que cinématographique. Au théâtre, une erreur est vite pardonnée. Un acteur s’embrouille légèrement, la pièce continue sans trop de problèmes, mais, dans un film, cela n’est pas accepté. Tout doit être au point : l’ensemble est très rythmé et orchestré. Et cela ne touche pas que les acteurs, mais aussi les éclairages, les costumes, etc.

Edward Norton (qui incarne Mike, un autre acteur dirigé par Riggan) considère que le réalisateur dépeint bien le milieu du théâtre new-yorkais. Mike est un acteur à l’ego surdimensionné, mais il est aussi très talentueux et il connaît bien le théâtre. Il aide tout de même Riggan, tout en le torturant.

Birdman or (the Unexpected Virtue of Ignorance) montre le côté parfois cruel du vedettariat américain.

Note : 8,5/10

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