Je suis toujours un peu euphorique pour la période des Fêtes. Les lumières colorées, les sapins décorés me réchauffent le cœur. Par contre, je n’aime pas beaucoup faire des tops 5. J’en consulte de toutes sortes, mais, quand je les écris, je dois faire des choix parfois difficiles. Au cours de l’année 2014, j’ai vu plusieurs excellents films. Et j’ai dû trancher. Ma liste de mentions spéciales aurait pu s’allonger encore…

Je remarque après coup que mon palmarès est très international : un film québécois, quelques autres d’Europe et d’Europe de l’Est, et un autre encore d’Asie. Il faut dire que j’aime voir des longs métrages qui me dépaysent. Ça me permet de voyager (à faible coût) et de découvrir une part même fictive (dans la fiction il y a souvent une part de vérité) d’autres cultures. Je remarque également que la violence caractérise plusieurs des titres qui suivront. Des films souvent troublants, mais tous intéressants.

Et c’est souvent pour des films pour lesquels je n’avais aucune attente (ayant reçu une invitation ou accompagnant un ami) que j’ai eu de belles découvertes. Je trouve d’ailleurs que les festivals facilitent ce genre de découvertes, du moins, ce fut mon cas…

Xiaoyu (Tao Zhao)
Xiaoyu (Tao Zhao)

5 – A Touch of Sin (Chine, Jia Zhang Ke) : Peu de films chinois passent sur nos écrans. Celui-ci est particulièrement bien construit et d’une grande qualité photographique. Quatre tableaux qui se succèdent et nous présentent des personnages désabusés qui ont recours à la violence pour se venger des injustices qu’ils subissent.

Dahai, un mineur insatisfait, tente tant bien que mal de dénoncer la corruption de ses patrons; San’er, un travailleur migrant, n’a d’intérêt que dans le maniement des armes à feu; Xiaoyu, hôtesse d’accueil dans un sauna, est désespérée de sa situation amoureuse complexe et réagira violemment aux avances insistantes d’un client; et finalement Xiaohui, un jeune homme en quête de lui-même, passe d’un travail à l’autre.

4 – Les Opportunistes (Italie/France, Paolo Virzì) : Une découverte toute récente. Un drame policier particulièrement bien construit, qui nous montre comment les apparences sont parfois trompeuses. Le film est divisé en trois chapitres : chaque chapitre nous montre les mêmes heures selon la perceptive de trois personnages. L’accumulation des points de vue nous permet de faire la lumière sur les circonstances entourant l’accident d’un cycliste.

Près du Lac de Côme en Italie. Les familles de la richissime Carla Bernaschi et de Dino Robelli, agent immobilier au bord de la faillite, sont liées par une même obsession : l’argent. Un accident la veille de Noël va brutalement changer leurs destins.

3 – The Tribe (Ukraine/Pays-Bas, Myroslav Slaboshpytskiy) : Ce film est une expérience en soi : il est tourné en langue des signes, sans dialogue et sans sous-titre. Et malgré cela, on comprend très bien ce qui se passe. L’expression corporelle des personnages suffit à faire passer le message.

Sergueï, un adolescent sourd et muet, s’installe dans un établissement spécialisé. Après une initiation assez violente, il se verra intégrer à la bande mafieuse du pensionnat qui fait divers trafics et pour laquelle deux filles de l’établissement se prostituent. Et il monte graduellement les échelons. Amoureux de l’une des deux filles, il finit par perdre le contrôle…

2 – Mommy (Québec, Xavier Dolan) : Les films de Xavier Dolan m’ont tous plu. Mais je dois dire que celui-ci a détrôné J’ai tué ma mère. J’adore Anne Dorval et Suzanne Clément. Ce sont des comédiennes absolument incroyables, tout particulièrement ici.

Une veuve monoparentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au cœur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

1 – La Vénus à la fourrure (France/Pologne, Roman Polanski) : Deux personnages et une salle de théâtre, et c’est tout! Il faut donc des prestations extraordinaires pour maintenir les spectateurs en haleine. Chapeau!

Vanda (Emmanuelle Seigner) et Thomas (Mathieu Amalric)
Vanda (Emmanuelle Seigner) et Thomas (Mathieu Amalric)

Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser. Non seulement elle s’est procuré des accessoires et des costumes, mais elle comprend parfaitement le personnage (dont elle porte par ailleurs le prénom) et connaît toutes les répliques par cœur. Alors que l’« audition » se prolonge et redouble d’intensité, l’attraction de Thomas se mue en obsession…

Mentions spéciales : Quelques autres films auraient pu figurer dans cette liste. Je pense notamment à Corrections class (Russie/Allemagne, Ivan I. Tverdovsky) et à Diplomatie (France/Allemagne, Volker Schlöndorff).

N’hésitez pas à partager avec moi vos coups de cœur cinématographiques…

Joyeuses fêtes et bon début d’année 2015!

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