Il ventait devant ma porte – Maladie de l’âme

Il ventait devant ma porte - afficheRéalisé par Pierre Goupil et Rénald Bellemare, Il ventait devant ma porte sort le 4 avril au cinéma Excentris et est disponible au même moment en ligne sur ONF.ca et cinemaexcentris.com. Dans ce long métrage documentaire, qui tient de l’essai autobiographique, le cinéaste Pierre Goupil, atteint de troubles bipolaires, se raconte et confie son rapport difficile à la maladie.

Tout au long du documentaire, on aborde les thèmes de la précarité et de la vulnérabilité qui frappent particulièrement les gens aux prises avec cette « maladie de l’âme ». On fait ainsi état d’une grande souffrance. Le rapport à la création est mis de l’avant, principalement au cinéma. Pour Goupil, faire du cinéma permet de mieux voir, de mieux entendre, de mieux faire voir, de mieux questionner et de se rassurer sur sa propre existence. Le cinéma permet de revendiquer et d’affirmer sa liberté. Quelques scènes de ses films, Celui qui voit les heures et La vérité est un mensonge, sont insérées et complètent les propos du cinéaste. On montre de plus d’une manière comment les différents pouvoirs (médical, policier, etc.) briment la liberté et l’acte créatif.

Pierre Goupil revient à quelques reprises sur l’importance de ses lectures et de la littérature. Il ira aussi rencontrer l’écrivain François Harvey (Zéro-Zéro, 1999), lui aussi atteint de bipolarité, qui lui parlera de son trouble. Selon ce dernier, Don Quichotte était un bipolaire parti à l’assaut de moulins à vent. Cette maladie procure ainsi parfois un sentiment de surpuissance, doublé d’hallucinations. Autrement, un médecin spécialiste en troubles bipolaires aborde les possibles symptômes psychotiques et l’importance pour une personne atteinte de mettre en doute ses perceptions.

Goupil se rendra à la Cinémathèque québécoise pour consulter ses propres archives dont il s’est départi en décembre 2010. Et il doit porter des gants de « Mickey Mouse » pour le faire, lui qui a manipulé ces pages encore et encore lorsqu’il les possédait à la maison. On retrouve un pan de sa vie dans les boîtes amassées devant lui. À d’autres moments, il nous présente des maquettes cinématographiques qui témoignent de sa vision d’une œuvre en cours.

Le film aborde l’importance des liens sociaux et de l’engagement politique, notamment par des parallèles entre les êtres marginalisés par la société (itinérants, quêteux, artistes, personnes qui souffrent de troubles mentaux) et les mouvements collectifs tels que le printemps érable et Occupons Montréal. Vers la fin du film, on passe aussi quelque temps avec Serge Lavoie, le musicien qui a subi, en octobre 2012, les violences du « matricule 728 ». Il parle de son expérience et des conséquences que cette agression a eues dans sa vie.

Il ventait devant ma porte est une œuvre sensible sur les difficultés que rencontrent les êtres marginalisés. Un film sur la création et les chemins sinueux qu’elle emprunte.

Note : 7,5/10

* Avis aux intéressés : les films de Pierre Goupil seront présentés en juin prochain à la Cinémathèque québécoise.

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